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Fabrice Aidan : un diplomate français au coeur de l'affaire Epstein ?

Par Thomas Rannou

Au-delà du nom de Jack Lang, les documents du dossier Epstein révèlent les liens étroits entre le financier américain et le diplomate français Fabrice Aidan. Correspondances régulières, transmission de documents sensibles et soupçons d’ingérence : ces révélations soulèvent de lourdes interrogations au sommet de l’État.

« Les documents Epstein n’auraient jamais dû être publiés »

Si Jack Lang a été cité plusieurs centaines de fois dans les 3 millions de documents du dossier Epstein révélés par la Justice américaine, le président de l'Institut du monde arabe n'est pas le seul français dont le nom revient à de multiples reprises.

En effet, celui du diplomate Fabrice Aidan apparaît à près de 200 reprises. En fonction au ministère des Affaires étrangères depuis 25 ans, il était en disponibilité et travaillait, jusqu’à ce mardi 10 février, chez Engie.

Des informations diplomatiques contre de l'argent ?

D’après des pièces consultées par Mediapart et l’AFP, Fabrice Aidan a entretenu, à partir de 2010, une correspondance fournie et régulière avec l’homme d’affaires et délinquant sexuel.

À cette période, ce cadre du Quai d’Orsay était en poste à l’ONU, à New York, où il collaborait notamment avec le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen.

D’après Mediapart et Radio France, Fabrice Aidan aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations issues des milieux diplomatiques, ainsi que des services et des contacts à l’étranger. Mediapart précise notamment qu’il lui faisait parvenir, depuis son adresse électronique aux Nations unies, des documents et rapports internes de l’organisation.

Des soupçons de violences sexuelles

Les courriels échangés montrent une relation au ton décontracté entre Jeffrey Epstein et Fabrice Aidan. Le diplomate avait même accès à l’appartement parisien du financier, avenue Foch, dont il possédait le code d’entrée. Il aurait également communiqué à Epstein le relevé d’identité bancaire de son supérieur norvégien en vue d’un virement de 250 000 dollars.

Sur RTL, ce mercredi, Jean-Noël Barrot s’est dit effaré par l’ampleur de la fuite de données révélée dans la presse. Le ministre des Affaires étrangères a fait état de "soupçons extrêmement graves". Il a mentionné des accusations potentielles de violences sexuelles, d’irrégularités financières, ainsi que des tentatives d’influence, voire d’ingérence, dans la vie politique de plusieurs pays européens, possiblement jusqu’en France.




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