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Diplomate français dans les Epstein files: Jean-Noël Barrot "effaré", assure découvrir l'affaire

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est dit "effaré" et "indigné" mercredi par les révélations mettant en cause un diplomate français cité à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein, et qui aurait également été visé par une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques.

anwar amro - AFP

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est dit "effaré" et "indigné" mercredi par les révélations mettant en cause un diplomate français cité à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein, et qui aurait également été visé par une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques.

Il assuré avoir découvert seulement mardi cette situation qui l'"indigne personnellement", dans une interview sur RTL.

"Quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place", en signalant les faits à la justice et en lançant une enquête administrative ainsi qu'une procédure disciplinaire, a déclaré le ministre.

Au sujet d'une enquête du FBI pour consultation d'images pédopornographiques remontant à 2013, révélée par le site 20 Minutes et Mediapart, il a dit attendre "des éléments étayés par l'enquête administrative" et souligné la nécessité "que les faits soient bien établis".

Il a défendu l'institution du Quai d'Orsay et appelé à ne pas "laisser entendre que cela (cette affaire) éclabousserait les agents du ministère des Affaires étrangères (...) qui n'ont pas à être mêlés à cela".

- Envois de documents -

Le diplomate visé, Fabrice Aidan, est actuellement "secrétaire des Affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles", avait indiqué la veille Jean-Noël Barrot. Il exerçait dernièrement au sein du groupe énergétique Engie, dont il a été suspendu, a indiqué le groupe à l'AFP mardi soir.

Selon les documents consultés par l'AFP, il apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, dont les premiers remontent à 2010.

Il travaillait alors aux Nations Unies, détaché par la France. Il était collaborateur du diplomate norvégien Terje Rød-Larsen.

Ce dernier, ainsi que son épouse Mona Juul, font l'objet d'une enquête ouverte en Norvège respectivement pour "complicité de corruption aggravée" et "corruption aggravée" en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein, après la publication de fin janvier de millions de nouveaux documents fin janvier par la justice américaine.

Dans ces correspondances, Fabrice Aidan envoie par exemple des documents et rapports de l'organisation directement à Epstein.

Des demandes plus terre à terre sont aussi adressées au diplomate français: par exemple de trouver la pointure de Terje Rød-Larsen pour que le milliardaire puisse lui offrir une paire de chaussures portant ses initiales.

La mention d'un nom dans les correspondances du criminel sexuel ne présuppose toutefois aucun acte répréhensible.

- "Consultations répétées" -

Mais, concernant Fabrice Aidan, un autre volet s'ajoute. En effet, durant cette période à l'ONU, il a également été visé en 2013 par une enquête du FBI pour consultation d'images pédopornographiques.

Interrogé par l'AFP, le représentant permanent de la France aux Nations Unies entre 2009 à 2014, Gérard Araud, a confirmé avoir "été informé par le service de sécurité des Nations Unies que le FBI leur avait transmis un rapport disant que M. Aidan avait accédé à des sites pédopornographiques".

Ce rapport, qui faisait état d'une "liste de consultations, avec les horaires, les jours", montrait des "consultations répétées" de ces sites, a ajouté M. Araud. "J'ai tout de suite appelé Paris et ordonné le renvoi de M. Aidan en France", a-t-il poursuivi.

"Il n'a pas été exfiltré, il a été renvoyé en France pour être traité à la fois légalement et psychologiquement par le ministère des Affaires étrangères", a-t-il encore dit, assurant ne pas savoir quelles suites ont été données à cette affaire.

Selon Mediapart, qui cite un porte-parole du Quai d'Orsay, aucune charge n'ayant été retenue par la justice américaine à l'époque, aucune sanction n'avait été envisagée en France. Contacté par l'AFP, le Quai d'Orsay n'a pas donné plus de détails.

A l'époque, Fabrice Aidan était "sous l'autorité administrative des Nations Unies", explique Gérard Araud. "C'était un petit peu la petite main" de Tedj Rød-Larsen, "chargé de sa logistique", "celui qui organisait ses visites" par exemple, détaille-t-il, évoquant un "diplomate de niveau technique", "pas très gradé".

Par Tiphaine LE LIBOUX / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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