C'est un phénomène hors norme que les autorités ne parviennent pas à endiguer. Chaque nuit, les établissements pénitentiaires français sont survolés par des dizaines d'aéronefs, des drones, sous le regard démuni des agents pénitentiaires. 2,5 millions d'engins sont actuellement en circulation en France, dont une partie est entre les mains de la criminalité organisée. Les narcotrafiquants s'en servent pour livrer directement en prison. Le nombre de livraisons illicites a augmenté de 1100% entre 2021 et 2025. Peut-on y mettre un terme ? C'est le vœu et le projet du député UDR de Saône-et-Loire, Éric Michoux au micro de Périco Légasse.
"On estime que depuis 2026, c'est plus de 50 000 drones qui ont survolé nos prisons françaises. Mais c'est même pas explosif, c'est exponentiel ! Jusque là, les produits illicites étaient catapultés depuis l'extérieur de la prison vers la prison. C'était compliqué. Là, maintenant, avec les drones, les personnes sont à plusieurs kilomètres, ce qui fait que les gendarmes ne peuvent plus les repérer. Ils peuvent les larguer dans les cours, dans les coursives."
"Il n'y a pas que de la drogue qui est larguée"
"Il y en a trois sortes de produits largués. Les armes blanches, les couteaux en particulier, mais pas que. Il y a les téléphones portables, ce qu'on appelle d'ailleurs les téléphones pouces. Ils sont gros comme un pouce, et ils passent absolument partout. Et le troisième, c'est la drogue, qui rentre de manière presque industrielle, puisque les dernières statistiques, les détenus disent, pour 50% d'entre eux, avoir consommé de la drogue à l'intérieur de la prison."
"Il y a toujours l'angoisse d'ouvrir une cellule de prison"
"C'est-à-dire que là, on est en train de faire rentrer quelque chose d'incroyable dans nos centrales, dans nos prisons, ce qui crée d'une part de l'insécurité pour les agents pénitentiaires, qui sont déjà en sous-effectifs en France, de plus de 6 à 7 000 personnes. Quand ils ouvrent une prison, ils ont toujours l'angoisse de dire, qu'est-ce qui va se passer ? D'ailleurs, ils ouvrent rarement une prison tout seul, une cellule tout seul. Ils sont toujours deux, voire trois, parce que là, quelqu'un peut avoir une arme. Le problème, c'est qu'une grande partie du narcotrafic, est gérée à l'intérieur des prisons, avec les téléphones portables. On a tout un écosystème de mafieux, à l'intérieur de nos prisons, qui crée en plus de l'insécurité."
"La seule solution ce sont les filets anti-drone"
"Le drone peut avoir des systèmes de brouillage lui-même, qui le rend invisible. Parce qu'on a appris une technologie avec l'Ukraine, ce qui fait que les drones deviennent carrément des systèmes technologiques incroyables. L'armée française est en train de s'y mettre, d'ailleurs. La seule solution qui existe, et tout le monde aujourd'hui est d'accord là-dessus, ce sont les filets anti-drone. C'est basique. Vous mettez sur les coursives des maisons d'arrêt, un filet qui permet d'éviter (que le drone puisse larguer son matériel, ou s'il le largue, il tombe sur le filet. Couvrir une coursive de 1000m² coûte environ entre 120 000 euros et 150 000 euros. Un système de brouillage anti-drone coûte à peu près le même prix, 100 000 euros."
"Les brouillages du portable très compliqués"
"Monsieur Darmanin me semble-t-il a évoqué la question des filets antidrones. J'ai fait une proposition de loi, mon groupe aussi, sur l'installation des filets antidrones. Tout le monde les demande, parce que c'est de la sécurité. De la sécurité aussi pour les détenus, parce qu'il existe des maisons d'arrêt où vous avez encore des jeunes. Il y a une partie de la maison d'arrêt avec des jeunes de moins de 18 ans, qui sont en contact avec des personnes de plus de 18 ans. Quand ils rentrent dans un système où il y a de la drogue à peu près à tous les étages, et bien ils sont touchés par ce problème comme les autres."
"Les brouillages du portable très compliqués. Les technologies sur le portable font qu'ils passent les systèmes de brouillage. D'ailleurs, ça serait assez compliqué parce qu'à l'intérieur même de la prison, il y a besoin de communiquer avec l'extérieur. Donc là, il faut des fois revenir sur des solutions beaucoup plus simples et basiques : mettre un filet anti-drone."