Alors qu’il devait reculer, le plastique continue de progresser dans les rayons des grandes surfaces. C’est le constat dressé par une vaste enquête de l’association de consommateurs Que Choisir, menée dans plus de 1 600 magasins en France. Une tendance à rebours des objectifs fixés par la réglementation, qui prévoit pourtant la fin des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040.
Une présence toujours massive en rayon
Agnès, mère de deux enfants, déplore notamment l’emballage systématique des fruits et légumes. "Les fraises, quand vous allez dans les supermarchés, vous avez toujours du plastique autour, et la barquette est en plastique aussi. J’ai mon conteneur de plastique qui est trois à quatre fois plus rempli que mon conteneur de poubelle", témoigne-t-elle, à la sortie d'un supermarché au micro de Sud Radio.
Un constat partagé par d’autres clients, qui peinent à percevoir une évolution dans les rayons : "Il y en a autant et même plus qu'avant", observe Maurice, en sortant de ses courses. Il cite notamment un brocoli emballé sous plastique : "C’est vrai qu’il pourrait être sans plastique. On n’a pas trop le choix, comment il faut faire ?"
Une réglementation encore peu visible
Pourtant, le cadre légal est clair : la France s’est engagée à supprimer progressivement les emballages plastiques à usage unique d’ici 2040. Mais selon l’enquête de Que Choisir, cette trajectoire ne se traduit pas encore dans les magasins, où le plastique resterait omniprésent, voire en augmentation.
🚢 Avec Plastic Odyssey, "une voie de sortie du plastique est possible"
— Sud Radio (@SudRadio) April 13, 2026
🌊 Un navire porte le nom de l’organisation et sert à l’équipage à "agir contre la pollution plastique"https://t.co/Iu8XHHSAXZ
L’association de consommateurs souligne plusieurs effets de cette dépendance persistante : elle pèserait sur le pouvoir d’achat, notamment en raison du coût des matières premières liées au pétrole, mais aussi sur les dépenses de recyclage et de gestion des déchets.
Des impacts sanitaires sont également évoqués, notamment liés à l’exposition aux substances chimiques contenues dans certains plastiques, susceptibles de migrer vers les aliments et de perturber l’organisme. Les associations alertent aussi sur la présence de microplastiques, de plus en plus détectés dans l’environnement et potentiellement nocifs pour la santé humaine.
"Éviter le plastique demande énormément d’efforts"
À Toulouse, l’association Champs d’Action, engagée contre la pollution des cours d’eau, alerte sur la difficulté de réduire l’usage du plastique au quotidien : "Ça demande énormément d’efforts dans son quotidien d’éviter le plastique, alors que ça devrait être le contraire, que la législation a été faite pour faire le contraire", souligne Florence Ducroquet, la présidente de l'association.
Par ailleurs, un autre facteur qui favorise l'usage du plastique dans notre quotidien est la multiplication des produits unidose. Souvent plus chers, ils génèrent aussi davantage d’emballages, ce qui va à l’encontre des objectifs de réduction des déchets. Pour les associations, cette tendance illustre les limites des politiques actuelles, encore insuffisantes pour inverser durablement la place du plastique dans la consommation quotidienne.