Le régime de retraites complémentaires Agirc-Arrco a engagé une révision de 100 000 dossiers susceptibles de comporter des anomalies. Certains retraités, dont la pension complémentaire aurait été suspendue par erreur, devraient ainsi percevoir les montants qui leur sont dus.
Cette décision fait suite à un croisement inédit, réalisé en décembre, entre les fichiers de l’Agirc-Arrco et ceux de la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Sur les 14 millions de bénéficiaires du régime, environ 100 000 dossiers ont été identifiés comme présentant des incohérences.
Des dizaines de milliers de personnes radiées à tort
Des retraités bien vivants ont vu leur pension suspendue à tort. C’est le cas de veuves n’ayant pas répondu au courrier leur demandant de confirmer qu’elles ne s’étaient pas remariées, ou encore d’expatriés n’ayant pas renvoyé leur certificat de vie annuel.
Dans certains cas, des assurés ont également été enregistrés comme très âgés, parfois plus de 110 ans, ou mal identifiés dans les bases de données, à la suite de croisements administratifs.
🔴 Quand l’État oublie de verser les pensions de ses retraités
— Sud Radio (@SudRadio) May 3, 2025
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Ces différents oublis peuvent entraîner des conséquences immédiates sur le versement des pensions, en raison de procédures automatisées qui bloquent temporairement les paiements.
Résultat : des pensions interrompues du jour au lendemain, parfois sans même que les intéressés s’en aperçoivent immédiatement, notamment lorsque les contrôles automatiques ont entraîné des suspensions en chaîne faute de justificatifs.
Des millions d'euros en jeu
Au total, plusieurs centaines de millions d’euros pourraient être en jeu ! Selon une étude interne présentée en décembre au conseil d’administration, et révélée par Les Échos puis consultée par l’AFP, les services de l’Agirc-Arrco estimaient à l’époque qu’environ 12 000 retraités étaient identifiés comme "lésés", pour un montant d’environ 69 millions d’euros à leur reverser.
De son côté, l’Agirc-Arrco assure ne pas attendre de réclamations : le régime affirme examiner lui-même les dossiers et verser automatiquement les sommes dues aux retraités concernés.