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Face à la crise du gazole, des camions roulent ... au colza !

Par Tania Robieu

GROS PLAN SUD RADIO - Dans la Marne, l’entreprise familiale Transports Lebrun fait rouler une grande partie de sa flotte au B100, un carburant produit localement à base de colza. Une strategie mise en place dès 2019 pour réduire les émission de C02 … et gagner en indépendance face aux pénuries.

colza biocarburant
Le biocarburant a une surconsommation d’environ 7 à 8 %. Doucelin / Hans Lucas. (Photo by Romain Doucelin / Hans Lucas via AFP)

Alors que le secteur du transport routier traverse une période fragile et que 78 % des dirigeants se disent insatisfaits de la situation actuelle, certains professionnels ont choisi d’anticiper la transition énergétique depuis plusieurs années déjà.

À Vauciennes, près d’Épernay, les Transports Lebrun remplacent progressivement le diesel par du B100, un biocarburant fabriqué à partir d’huile de colza produite localement. Aujourd’hui, entre 60 et 70 % de la flotte roule déjà avec cette énergie alternative. Mathieu Lebrun, directeur Général des Transports Lebrun revient sur cette stratégie ingénieuse au micro de Frédéric Brindelle sur Sud Radio.

Pourquoi avoir abandonné le gazole pour l’huile de colza ?

Pour l’entreprise, ce choix ne date pas de la récente flambée des prix du carburant. La réflexion a commencé il y a quelques années, sous la demande des clients et avec un objectif clair : réduire l’empreinte carbone de la flotte sans basculer vers une autre énergie fossile.


« Dès 2019, nos clients nous ont demandé de réduire nos émissions de CO2. On s’est posé la question : qu’est-ce qu’on peut faire ? On a interrogé les constructeurs. Une chose était sûre, c’est qu’on ne voulait pas remplacer une énergie fossile par une autre. À l’époque, il y avait deux solutions : le bioéthanol, mais avec des coûts trop élevés, et le B100. On s’est rapidement tournés vers le B100, qui présente plusieurs avantages : moins 60 % de CO2, moins 80 % de particules fines, et une mise en place assez simple. »

Le choix d’un biocarburant produit localement

« Aujourd’hui, on roule avec un biocarburant qu’on appelle le B100, donc 100 % biocarburant. Il est fourni par Oleo100, un acteur local basé à côté de Nogent-sur-Seine, à moins de 100 km de chez nous (...) Il est produit à partir de colza cultivé en Champagne-Ardenne ou en Île-de-France. À la base, le colza sert à produire des protéines animales. L’huile qui en ressort devient un coproduit… et c’est cette huile qui est utilisée comme carburant » explique Mathieu Lebrun.

Des camions moins dépendants des pénuries

D'abord pensée pour réduire les émissions de CO2, cette stratégie a aussi permis à l’entreprise de gagner en indépendance énergétique et en autonomie face aux crises énergétiques et aux tensions sur l’approvisionnement en carburant.


« Ce n’était pas le but premier. Au départ, c’était vraiment de réduire nos émissions. Lors de la grève des raffineries fin 2021, puis avec la guerre en Ukraine, on a vu qu’une partie de notre flotte n’était pas concernée par les pénuries de gazole. Donc plus ça va, plus on se dit qu’on a fait le bon choix aussi sur cet aspect. »

"Une surconsommation d’environ 7 à 8 %"


« C’est quasiment équivalent. La seule différence aujourd’hui entre le gazole et le B100, c’est que le biocarburant consomme un tout petit peu plus. On est sur une surconsommation d’environ 7 à 8 %. Si le gazole est à 2 €, on le paie 2 €. S’il est à 2,20 €, on le paie 2,20 €. Il y a un effet miroir sur le prix. En revanche, comme on consomme un peu plus, cela nous revient légèrement plus cher à l’usage.»

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