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"Les Black blocs savent utiliser les failles de notre démocratie"

Par La rédaction

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Aussi agiles qu'insaisissables, les black blocs font semer chaque samedi autant la zizanie que la terreur au sein des cortèges de manifestants.

Des black blocs en action
Des black blocs en action (AFP)

Pourquoi n'arrive-t-on pas à venir à bout du phénomène des Black blocs dans le cadre des manifestations ? Après l’Acte 3 des Gilets Jaunes, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a dénoncé les violences en marge de ces manifestations. Depuis le 17 octobre dernier, de samedi en samedi, les forces de l’ordre ont de nouveau dû faire face à des centaines de Black blocs.

"On ne peut pas les dissoudre"

"Il ne s’agit pas d’un groupe constitué, d’une organisation en tant que telle, décrypte Jean-Marie Godard, journaliste spécialiste des questions de sécurité, co-auteur du livre Sécurité, notre bien commun (Éditions de l'Aube) au micro de Benjamin Glaise, sur l’antenne de Sud Radio. C’est un mode d’action d’activistes d’ultra-gauche. Cela ne dure que le temps de l’action, on ne peut pas le dissoudre. N’importe qui peut constituer un black bloc, noir, masqué. Les gens viennent avec des k-way dans le sac à dos. À un moment, quelqu’un donne le top départ, et la moitié d’un cortège en tête de manifestation va se couvrir de noir et passer à l’affrontement avec les forces de l’ordre."

"Vous avez aussi des gens qui viennent d’Allemagne, d’Italie et de Belgique"

Ces individus ultra-violents ne sont-ils pas identifiés par les forces de l’ordre ? "Certains font partie de groupuscules ayant pignon sur rue. Mais tant qu’ils n’ont pas commis de méfaits identifiés, vous ne pouvez pas les empêcher de circuler. Vous avez aussi des gens qui viennent d’Allemagne, d’Italie, de Belgique pour s’y joindre. On n’a pas le droit de les intercepter à la frontière. Nous sommes une démocraties, ils savent en utiliser les failles."

"Des gens qui viennent là pour l’adrénaline et la bagarre"

Des assignations à résidence ont été néanmoins imposées en amont des dernières manifestations. "Il faut que la personne ait été prise en flagrant délit, à commettre des faits violents sur une manifestation, tempère Jean-Marie Godard, co-auteur du livre Sécurité, notre bien commun (Éditions de l'Aube) sur l’antenne de Sud Radio. Tant que vous n’attrapez pas les gens, c’est très compliqué. Dans les black blocs, vous avez des gens politisés, aussi des gens qui le sont moins. Mais aussi des gens qui viennent là pour l’adrénaline, la bagarre. Il y a un côté Fight club là-dedans."

"Il y a un côté Fight club là-dedans"

Veulent-ils juste se battre avec les forces de l’ordre ? "Tout-à-fait, ils sont contre l’état, contre le système. Vous pouvez intégrer un black bloc lors d’une manifestation. Au terme d’une manifestation, après des heures d’affrontements, ces personnes jettent leurs vêtements, souvent dans un feu qui a été allumé, et vous avez un cortège tout-à-fait normal qui arrive." Sur les 2400 interpellations du 17 octobre, il n’y a en fait guère de black blocs... "Ils arrivent à échapper à la police quand cela devient trop dangereux. La seule parade est la confiscation du matériel en amont, avant que les gens aient pu s’équiper."

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