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Violences du 17-Octobre : qui sont ces casseurs-pilleurs aux profils multiples ?

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - Qui se cachait derrière les cagoules des casseurs ce samedi 17 octobre 2026 ? Entre militants ultra-radicalisés, groupes organisés et simples pilleurs, les enquêteurs tentent de démêler les responsabilités, avec plus de 2 500 gardes à vue en attente.

Sameer AL-DOUMY - AFP

Violences, dégradations et pillages : la France porte les stigmates de la journée de mobilisation du 17 octobre 2026. Mais qui sont les auteurs présumés de ces vandalismes ? Black blocs, casseurs-pilleurs, opportunistes, récidivistes... Les premières informations dressent un portrait multiple. « Vous avez 2 500 gardes à vue depuis samedi qui sont gérées par la police et par la justice », a indiqué Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, au micro de Sud Radio. 67 incarcérations sont déjà annoncées par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.

95 à 98% d'hommes, aussi hétérogènes que leurs motivations

On compte « entre 95 et 98 % d'hommes ». Pas un groupe unique, mais une juxtaposition de publics : Des militants radicaux venus affronter les forces de l’ordre, des groupes de jeunes qui s'attaquent aux commerces, des pillards opportunistes qui profitent du désordre, et des récidivistes connus des services de police.

Les black blocs et leur mode opératoire identifiable

Si l'identification des profils responsables est en cours, Gérald Darmanin semble sûr de lui : Les black blocs, groupuscule violent d'extrême-gauche, étaient bien présents. Leur signature ? Des groupes compacts, vêtus de noir et masqués, avançant en marge des cortèges et cherchant l’affrontement avec les forces de l’ordre. À Paris, Lille et Marseille, des tags anarchistes ou antipolices ont d'ailleurs été relevés sur des bâtiments publics.

Des groupes mobiles, organisés et matérialistes

Les forces de l’ordre ont également indiqué avoir saisi de l’armement artisanal, ainsi que de faux brassards de police. Il y aurait donc, des auteurs équipés, mobiles et préparés à la confrontation. À Lyon, les témoignages de pillages particulièrement organisés se succèdent. Des groupes auraient brisé des vitrines, puis pillé des magasins. Les cibles rapportées parlent d'enseignes de luxe, de vêtements de sport, de téléphonie et de jeux vidéo, réduites à néant.

Certains auteurs auraient utilisé des scooters et trottinettes pour emporter rapidement les biens volés et échapper à la police. Leur degré d’organisation et leurs liens éventuels avec des structures politiques restent néanmoins, à établir par l’enquête.

70% de majeurs, 30% de mineurs

Il y aurait « 70 % de majeurs » identifiés parmi les casseurs, mais les mineurs étaient également de la partie. Leur nombre varie selon les territoires : à Paris, le parquet a indiqué qu’un quart des personnes gardées à vue étaient mineures.

Ce sont 557 placements en garde à vue, dont 433 majeurs, soit 77% des personnes dans la capitale. Les interpellations de mineurs ont aussi été signalées dans d'autres régions, mais dans des proportions moindres.

Des pilleurs et casseurs d'opportunité

Autre visage du pillage du 17 : des personnes qui ne participaient pas nécessairement aux affrontements, mais ont bel et bien profité de l’absence de policiers et du chaos pour se saisir de marchandises. Des individus vraisemblablement venus « dans un second temps », observant la situation, avant de se diriger vers les centres-villes.

À Mulhouse, une source policière estime que près de 90% des auteurs de violences urbaines seraient des « casseurs d’opportunité » issus de quartiers connus de la ville, notamment Bourtzwiller, les Coteaux, le Drouot ou la Cité. Ces personnes se seraient rassemblées grâce aux réseaux et ne seraient pas nécessairement membres de groupes organisés.

Nuance tout de même : Cette description est locale et non généralisable. L'estimation policière ne découle pas d'une étude nationale ni d'un bilan judiciaire définitif. Parmi les casseurs du 17, la proportion de population des quartiers reste à déterminer.

Des récidivistes avérés

Le chaos du 17 octobre, ce sont également « des jeunes hommes connus de la police », parfois déjà condamnés, que mentionnent les premiers bilans. Aucune proportion nationale fiable n’a toutefois été publiée à ce stade. Pour autant, les mis en cause de ce 17 octobre sont « en grande majorité peu connus », a affirmé la procureure de Paris, Laure Beccuau. Un constat qui ne concerne que les premiers dossiers clos. Ceux visant « les faits les plus graves », sont encore en cours. Leur profil pourrait « changer ».

Des "jeunes bobos" parmi les casseurs ?

L'expression des "jeunes bobos" casseurs, circule sur les réseaux sociaux depuis samedi. Les accusés ? Des lycéens, étudiants ou manifestants de milieux aisés, positionnés en faveur des mobilisations. Mais si cette polémique agite la toile, aucune source policière, judiciaire ou journalistique sérieuse n'établit pour l'heure, un lien entre ces jeunes et des actes de violences

Selon les premiers bilans, la Fédération du commerce et de la distribution recense environ 3 000 commerces vandalisés depuis dimanche. Emmanuel Macron a promis que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser ».

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