A un mois du début des négociations commerciales, réputées houleuses, une réunion préparatoire initialement prévue le 28 octobre doit accueillir lundi à Bercy des industriels de l'agroalimentaire et distributeurs, mais elle est boycottée par ces derniers.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes comme E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, avait annoncé dans un communiqué qu'elle ne "participera(it) pas" à ce comité de préparation "tant que deux exigences fondamentales n'auront pas été reconnues et partagées par tous" : "la transparence" sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME.
"On aimerait y participer. C'est juste qu'on veut sortir de ces réunions qui sont un théâtre et des postures où on ne prend aucune décision", a déclaré lundi matin Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD, sur Radio Classique.
Leur absence à cette réunion n'est pas encore actée, a-t-elle toutefois souligné: "on a encore toute cette matinée (pour se décider, NDLR). On va voir. En fait, on a posé nos conditions. Nous, ce qu'on voudrait, c'est qu'on s'engage tous vers des choses très concrètes pour faciliter ces négociations, mais surtout pour protéger les maillons les plus faibles, les agriculteurs, les PME, les consommateurs".
Les industriels de l'agroalimentaire (Ania, Ilec, Culture Viande, La Coopération agricole et les industries avicoles) ont fustigé dans un communiqué commun l'absence de la FCD, estimant qu'elle leur "évite surtout d'avoir à rendre compte de leurs propres pratiques".
Dans un communiqué distinct, Pact'Alim, qui représente les PME et ETI de l'agro-industrie, estime que "les prochaines négociations ne doivent pas reproduire les déséquilibres constatés ces dernières années".
- Marges des multinationales agroalimentaires -
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs) et sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs.
Le gouvernement a annoncé il y a deux semaines vouloir réunir les parties prenantes en amont, en vue d'un "pacte de responsabilité".
Les "directives" concerneront "l'ensemble des acteurs de ces négociations", a expliqué dimanche le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin.
Le cabinet estime par ailleurs que les revendications de la FCD sont déjà prises en compte dans les nouvelles dispositions de la loi d'urgence agricole qui prévoit notamment que la date butoir pour la fin des négociations avec les PME soit plus courte qu'avec le reste des industriels, notamment pour éviter qu'elles ne soient "la variable d'ajustement" en fin de période de négociations.
Une étude réalisée par le cabinet français Asterès pour la FCD, publiée lundi, montre que les multinationales fournissant la grande distribution - Coca-Cola, Danone, L'Oréal... - dégagent des marges nettes "près de quatre fois plus élevées" que la moyenne de l'industrie agroalimentaire française.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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