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Vidéosurveillance, ADN, réseaux sociaux : comment les autorités retrouvent les casseurs du 17-octobre ?

Par Elliott Léonard

Les premières sanctions tombent pour les nombreux casseurs et pilleurs qui ont participé aux violences du 17 octobre. Certains ont été pris en flagrant délit, mais beaucoup d’autres ont pu rentrer chez eux, libres, après avoir volé, cassé ou dégradé. Alors, quelles méthodes utilisent les services de renseignement et les autorités pour les retrouver ?

67 casseurs du 17 octobre 2026 dorment déjà en prison.
GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

149 personnes ayant commis des délits en marge des manifestations contre la « vie chère » du 17 octobre ont été incarcérées ce mardi 20 octobre. Et ce chiffre pourrait largement augmenter au cours de la semaine, au vu des méthodes utilisées par les enquêteurs pour retrouver les casseurs et les pilleurs.

La vidéosurveillance, la meilleure source

Le premier outil utilisé par les autorités est la vidéosurveillance des commerces pillés, ainsi que les images des caméras de la ville. Les images des magasins servent à identifier les visages ou les tenues des personnes en infraction. Les caméras de la ville permettent ensuite de retracer le parcours des suspects le plus précisément possible. Même des individus tout de noir vêtus, avec une cagoule, peuvent être retrouvés puisqu’ils sont souvent accompagnés d’autres personnes moins bien couvertes. Certains commettent également des erreurs au cours de leur parcours en se découvrant.

Les réseaux sociaux « auscultés »

Autre source d’informations, toujours liée en partie à la vidéo : les réseaux sociaux. De nombreuses vidéos de pillages et de dégradations ont été publiées, parfois par les auteurs des faits eux-mêmes, ou par le voisinage, des passants ou des manifestants pacifistes. Ces contenus servent également aux enquêteurs pour identifier des suspects.

Au-delà des vidéos, les réseaux sociaux constituent une source supplémentaire de preuves, notamment grâce aux discussions entre les malfaiteurs, que ce soit dans des groupes ou lors de conversations privées.

Les sites de revente traqués

Si certains pensent que parler librement de ses méfaits dans une conversation privée n’est pas accessible aux autorités ou répréhensible, d’autres vont encore plus loin. Ils mettent en vente leur butin sur des sites de revente en ligne, comme Vinted ou Leboncoin. Évidemment, les enquêteurs sont en capacité de retrouver les malfaiteurs, même avec des pseudonymes, grâce à l’adresse IP, par exemple.

Mais comment différencier les vêtements qui ont été volés de ceux qui sont simplement vendus par des particuliers ? Si l’antivol apparaît sur la photo, la question ne se pose pas, mais dans les autres cas, le prix peut être un indice. Quand les habits vendus sont parfaitement neufs, jamais portés et que leur prix est bradé, un doute s’installe. Cependant, cette seule source constitue difficilement une preuve.

Analyses ADN, traces de sang et... téléphones portables !

Sur le terrain, plusieurs indices peuvent être recueillis. Au cours des pillages, beaucoup se sont blessés ou ont oublié un vêtement. Ces éléments peuvent constituer des preuves matérielles, puisqu’ils peuvent contenir de l’ADN. Lorsque les traces biologiques sont exploitables, elles peuvent être comparées aux profils présents dans les fichiers autorisés par la loi. Sans oublier des preuves matérielles évidentes et infaillibles comme les smartphones tombés des poches des émeutiers durant leur fuite !

Les services de renseignement, rejoints par 200 enquêteurs supplémentaires après l’annonce de Sébastien Lecornu ce mardi, disposent donc de nombreux moyens pour identifier les casseurs qui ont détruit les commerces, porté atteinte à l’activité des commerçants et dégradé ou saccagé de nombreuses infrastructures liées à la République.

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