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BRA day : la reconstruction mammaire, une étape encore trop peu accessible aux femmes

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - Le BRA Day, 3e journée internationale de la reconstruction mammaire, est célébrée ce 21 octobre 2026. Manque de chirurgiens, délais d’attente et méconnaissance du dispositif laissent encore trop de femmes sans solution : Le docteur Benjamin Sarfati alerte sur les difficultés d’accès à cette intervention après un cancer du sein.

Seul 30% des plus de 20 000 femmes ayant eu une ablation du sein, ont recours à la reconstruction mammaire.
Seul 30% des plus de 20 000 femmes ayant eu une ablation du sein, ont recours à la reconstruction mammaire. PIXABAY

Le « BRA day », journée mondiale dédiée à l'information sur la reconstruction mammaire post-cancer du sein, fête sa 3ème édition ce 21 octobre 2026. Un rappel important alors que de nombreuses femmes bénéficiaires ne sautent pas le pas, par peur ou par méconnaissance.

Seul 30% sur plus de 20 000 femmes

Chaque année, plus de 20.000 femmes subissent une mastectomie, ablation partielle ou totale du sein et pourtant elles ne sont que 30% à bénéficier d'une reconstruction mammaire. Une situation multifactorielle comme l’explique Benjamin Sarfati, chirurgien esthétique et plastique, au micro de Sud Radio.

« Attendre quelques années avant de se faire reconstruire »

Premier problème ? « Le manque de formation des chirurgiens. » Conséquence ? « Souvent, les patients n'ont pas accès à la reconstruction ou alors il y a des listes d'attente qui sont très importantes par manque de médecins. » Et une fois le chirurgien trouvé, la bataille n’est pas finie.

La patiente peut choisir d’avoir une reconstruction plus tard, ou bien, et le jour-même de son ablation. Un choix préconisé par le corps médical, mais qui n'est pas sans souci. « Parfois, les patientes doivent se faire retirer la poitrine et attendre quelques années avant de se faire reconstruire. »

Le BRA day comme piqûre de rappel

L'objectif du BRA day est de faire connaître les différentes possibilités de reconstruction immédiate ou différée, avec ou sans prothèse. « Il existe toute une série de techniques de reconstruction mammaire. » Des solutions alternatives ou temporaires pour un quotidien plus « humain » pour ces femmes endeuillées de leur féminité.

L’intervention la plus demandée ? « C'est encore la reconstruction par prothèse en silicone. » Mais en 2026, le docteur Sarfati constate un besoin de « retour au naturel : reconstruire le sein sans corps étranger. » Et les médecins y travaillent.

Bioprothèses naturelles et impression 3D : les chercheurs redoublent d'effort

La prochaine « révolution technique » serait de « se passer de prothèses en silicone et avoir ce qu'on appelle des bioprothèses, uniquement à partir de la graisse de la patiente, mise en culture, puis injectée dans un polymère qui va se dégrader pour laisser ensuite la place à un sein complètement naturel. »

L’impression 3D pourrait aussi faire des miracles. « On pourra bientôt imprimer un sein en trois dimensions. C'est déjà le cas pour des aréoles qu'on doit reconstruire. » Encore au stade de la recherche, « Ce serait une grande révolution : C'est incroyable de reconstruire un sein avec une imprimante 3D. »

Un nouveau sein pour une nouvelle vie

Toutes les étapes de reconstruction mammaire sont intégralement couvertes par la Sécurité Sociale. Dans le privé, le dépassement d'honoraires est partiellement, voire totalement pris en charge par la mutuelle de la patiente, en fonction du contrat souscrit.

Mais une reconstruction mammaire n’est pas que physique, mais aussi mentale. « C'est prouvé scientifiquement : on améliore la qualité de vie des patientes, par rapport à celles qui n'a plus de poitrine. » Malheureusement, il existe en France une « pénurie » de chirurgiens reconstructeurs. « Aujourd'hui, on essaie de former un maximum de personnes, mais ce n'est pas assez. »

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