Depuis fin septembre, les lycéens réclament davantage de moyens pour l’éducation, dénoncent l’état des établissements et veulent des horaires mieux aménagés. Mais les scènes de guérilla urbaine du 17 octobre couplées aux vacances de la Toussaint vont-elles calmer la colère des lycéens ? Autrement dit, le mouvement est-il en train de s'essouffler voire carrément de s'éteindre à petit feu ?
« La mobilisation va continuer »
Pas question pour l’Union syndicale lycéenne (USL) de baisser les bras. « La mobilisation va aussi continuer pendant les vacances et à la rentrée aussi », assurait Marius Mesnil, co-secrétaire général du syndicat, le 15 octobre.
Pour l’heure, la prochaine mobilisation officielle est prévue le 5 novembre, c’est-à-dire après les vacances. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC appellent à une journée de grève et de manifestations pour défendre les salaires et les services publics. L’USL et l’Union étudiante ont donc annoncé leur intention de participer à cette journée et de se greffer à une mobilisation déjà existante.
Des rassemblements même pendant les vacances
D’ici là, des rassemblements locaux se mettent en place. À Rennes, environ 300 personnes, principalement des lycéens et des étudiants, se sont ainsi réunies mardi 20 octobre, malgré l’interdiction de la manifestation par la préfecture.
Il reste tout de même difficile d’estimer l’ampleur que pourrait prendre le mouvement à la rentrée, sachant que l’engouement n’a cessé de faiblir depuis les premières mobilisations. Avant le 17 octobre, la mobilisation avait déjà commencé à ralentir. Selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, 214 lycées étaient fermés le 13 octobre, contre environ 800 au plus fort du mouvement, le 6 octobre.
Premier bulletin de notes et contrôles continus
Les vacances pourraient accentuer cette baisse. Sans cours à bloquer, les lycéens ont moins de raisons de se retrouver devant leurs établissements. Et après plusieurs semaines de mobilisation, certains pourraient avoir envie de reprendre les cours normalement, sachant que 96 % des lycées n’étaient pas bloqués, même au pic de la mobilisation.
La pression liée à l’orientation, au premier bulletin trimestriel et aux contrôles continus joue également un rôle qui dessert le mouvement, ou du moins qui contribue à son ralentissement.
Toujours les mêmes revendications
Côté revendications, celles-ci n’ont pas tellement évolué. Les lycéens demandent toujours davantage de moyens pour l’éducation et davantage de professeurs, malgré l’annonce de 3 000 enseignants remplaçants supplémentaires dans les établissements qui en ont le plus besoin. Les lycéens et les principaux syndicats réclament toujours une réforme en profondeur de Parcoursup.
L’Union syndicale lycéenne va plus loin et demande l’abrogation de Parcoursup ainsi qu’un investissement de 10 milliards d’euros pour l’éducation. Pour répondre à cette demande, Sébastien Lecornu a déjà annoncé une augmentation de 1,2 milliard d’euros du budget de l’Éducation nationale en 2027.