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Comment les habitants de Paris, Lyon ou Bordeaux vivent ce couvre-feu qui "rappelle le Covid"

Par Estelle Solari et

REPORTAGE SUD RADIO - Après les violences du 17 octobre 2026, plusieurs villes françaises maintiennent ou renforcent les couvre-feux. Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux sous couvre-feu : Cette mesure de sécurité reçoit un accueil divisé de la part des citoyens.

Un couvre-feu est en vigueur dans plusieurs grandes villes de France, suite aux émeutes du 17 octobre 2026.
Un couvre-feu est en vigueur dans plusieurs grandes villes de France, suite aux émeutes du 17 octobre 2026. PIXABAY

Entré en vigueur lundi, le couvre-feu a été reconduit ce mardi et le sera de nouveau ce soir. Une première pour plusieurs villes de France après les émeutes du week-end du 17 octobre 2026. Appliquée notamment à Paris et Lyon, cette mesure divise autant qu'elle rassure.

Couvre-feux et rassemblements interdits

D’autres grandes villes comme Lille, Nice ou encore, Bordeaux, sont « sous couverts » par prudence. À Paris, l’interdiction de circuler s’applique de 23 h à 6 h autour de la place de la République et des Halles. Des rassemblements sont par ailleurs interdits dès 20 h dans plusieurs secteurs sensibles, dont les Champs-Élysées, Bastille, Châtelet et les gares.

Une efficacité remise en cause

Pas de quoi rassurer pour autant les commerçants comme Mina. Cette opticienne le confie au micro de Sud Radio : « On va essayer d'anticiper, de vraiment vider le magasin chaque soir avant de rentrer ». Plus de travail ? Évidemment, « mais il n'y a que ça comme solution pour nous protéger ».

À Lyon, le couvre-feu court de 21 h à 6 h dans une partie de la presqu’île, incluant notamment la place Bellecour. L’interdiction de circuler ne concerne que les mineurs non-accompagnés. Mais dans certains quartiers de Lyon et Paris, tout le monde est concerné. Une mesure large, mais qui pour autant, ne fait pas l'unanimité.

"Pourquoi ne pas faire un couvre-feu dans tout Paris ? "

C’est le cas de Philippe, restaurateur interrogé au micro de Sud Radio, aux abords de la place parisienne de la République. Ce commerçant reste dubitatif comme nombre de ses confrères : « Ça ne m'assure pas. C'est simplement sur une partie de la place et aux halles. À ce moment-là : Pourquoi ne pas faire un couvre-feu dans tout Paris ? Je ne comprends pas pourquoi c'est juste des micro-endroits comme ça qui sont impactés. »

Des mesures partielles

Cette crainte, Emmanuel la partage. Gérant d’une boutique de vêtements, il a « vu les dégâts qu'il y a eu sur le magasin à côté… Nous, on a eu de la chance, on va dire que c'est que les vitrines qui ont été cassées. On espère que les prochaines manifestations resteront calmes ». Ce couvre-feu ? Seul, il ne suffira pas mais, « ça peut aider. »

Un couvre-feu, dans l'ombre du Covid

Pour Anna et de nombreux Français, cette mesure ravive un mauvais souvenir : « Ça me rappelle le Covid où tout le monde était derrière tout le monde. Ça nous coupe notre liberté qu'on était contentes de retrouver en France. » Le jeune femme prend du recul sur ces restrictions, « ça me fait poser beaucoup de questions. »

Ces premiers soirs ont été calme. A Toulouse, un couvre-feu va également être instauré à partir de jeudi 22 octobre, entre minuit et cinq heures du matin. La mesure concerne aussi bien les majeurs que les mineurs dans l'hypercentre.

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