Voici les derniers développements lundi de la mobilisation lycéenne, entamée mi-septembre, marquée par des tensions dans plusieurs académies malgré un recul du nombre d’établissements perturbés.
Le ministère de l'Éducation nationale souligne que 96,5 % des établissements sont restés ouverts, tout en faisant état d'une intensification des incidents en marge des rassemblements.
Sans lien apparent avec le mouvement, une fusillade survenue dans un collège d'Aubagne a mis en lumière un nouvel épisode de violences en milieu scolaire.
15 interpellations en Gironde
En Gironde, où 13 lycées étaient fermés, 15 interpellations ont eu lieu à Mérignac après qu'un groupe de jeunes a allumé un feu sur la chaussée à proximité d'un lycée et lancé des projectiles sur des policiers.
Geffray dénonce la "violence débridée de certains jeunes"
Le ministre de l'Education Edouard Geffray a dénoncé la "violence débridée de certains jeunes" à Aubagne, où il est venu rencontrer le personnel du collège où s'est déroulée une fusillade.
"Tout ça s'inscrit dans un phénomène sociétal global où nous avons une violence débridée de la part de certains jeunes, singulièrement à l'encontre de l'institution scolaire", a-t-il déploré, rappelant que "des dizaines de personnels avaient été attaqués" ces derniers jours en marge des mobilisations lycéennes.
Des universités à l'arrêt, entre blocus et fermetures administratives
En soutien au mouvement lycéen, des étudiants bloquent leur campus, depuis une dizaine de jours parfois, et des présidents ont décidé de fermer les sites administrativement, mettant les universités à l'arrêt et une partie des étudiants désoeuvrés.
"Au moins" quatre tirs dans un collège d'Aubagne, mobile inconnu
Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu au fusil de chasse lundi dans son collège d'Aubagne, blessant le principal de l'établissement et une enseignante avant d'être désarmé, une fusillade qui ne semble pas liée au mouvement qui secoue les lycées français.
Neutralisé par le conseiller principal d'éducation (CPE) de l'établissement, le collégien a été interpellé.
Quelques heures plus tard, son père et sa mère ont été placés en garde à vue "pour essayer de comprendre comment ce jeune s'est retrouvé en possession de cette arme", a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez venu sur les lieux.
Le pronostic vital des victimes n'est pas engagé, ont indiqué les autorités.
Selon le préfet du département Jacques Witkowski, "le suspect, pour une raison qu'on ne connaît pas, a tiré sur le proviseur qui a pris une gerbe de plombs de chasse dans les cuisses, le bas du dos". "Il a tiré une deuxième fois sur une professeure qui prend un plomb dans la cuisse (...)", a-t-il dit à l'AFP.
Cet élève en classe de troisième "n'est pas connu pour des faits de délinquance, de radicalisation", assure le préfet.
Emmanuel Macron a salué le "sang-froid et la réaction exemplaire de l'équipe éducative", "qui a permis d'éviter le pire".
Mouvement des lycéens: "au moins huit personnels" de l'Éducation nationale blessés, selon le ministère
"Au moins huit personnels de l’Éducation nationale ont été blessés" lundi matin, en marge des mobilisations du mouvement lycéen, a indiqué le ministère de l'Education nationale.
Ce nombre ne comprend pas le principal de collège et l'enseignante blessés à Aubagne.
Si "les fermetures d'établissements reculent", avec 96,5 % d'établissements ouverts, "les violences s'intensifient", a relevé le ministère, précisant qu'elles étaient particulièrement concentrées dans les académies de Créteil, Bordeaux et Lyon.
À Reims, deux agents d'accueil du lycée François-Arago ont été blessés par des tirs de mortiers d'artifice mais aussi un agent de la Région en banlieue parisienne, selon la région Ile de France. Tout comme un policier devant le lycée Saint-Exupéry à Marseille, victime d'un tir de mortier d'artifice selon la préfecture.
Pour Macron, la mobilisation des jeunes doit se faire "dans le calme, dans l’ordre"
La mobilisation des jeunes doit se faire "dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens", a déclaré le président de la République à la veille d'une nouvelle journée d'actions et de grève en soutien au mouvement lycéen.
Leurs revendications sont "des sujets qui méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect", a-t-il martelé en marge d'une visite au Mondial de l'Auto à Paris, ajoutant, à l'adresse de La France insoumise, que "dans plusieurs endroits, il y a eu une volonté de récupérer" la colère des jeunes.
Inquiétude des étudiants en médecine
La poursuite des blocus inquiète les plus de 10.000 étudiants en médecine qui commencent lundi les épreuves du très ardu concours de l'internat, déterminant pour le choix de leur spécialité.
Le concours étant national, toute perturbation dans un seul des centres d'examen répartis sur le territoire national peut entraîner une annulation de celui-ci dans tous les centres.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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