Comme chaque année au début de l'automne, les jours raccourcissent et notre moral en pâtit. 10 à 20% des Français seraient victimes du « blues » hivernal. Un syndrome qu’analyse le docteur Daniel Scimeca, au micro de Sud Radio.
"On parle de troubles affectifs saisonniers"
Sentiment de fatigue généralisé, baisse de motivation. « Le grand public parle de dépression saisonnière. Les médecins ont plutôt tendance à parler de syndrome automnal. » Et le choix des mots compte puisque cette « baisse de régime » n’est pas une dépression à proprement parler. « On parle de troubles affectifs saisonniers, même si ça reprend l'ensemble des symptômes. »
Un manque de soleil, nuisible à notre humeur
Le coupable de ce « blues » ? Une baisse de luminosité : « les journées raccourcissent et il y a un équilibre entre la fabrication de sérotonine, qui est bonne pour notre cerveau, notre humeur, et de mélatonine, qui est bonne pour notre sommeil. » Les rayons solaires permettent la sécrétion de sérotonine. Problème ? L’hiver, le lever de soleil est plus tardif, le coucher, aussi : « Il y a un déséquilibre entre la diminution de la sérotonine et l'augmentation de la mélatonine. »
Pas tous égaux face à cette mini-dépression
Cette bascule crée un sentiment de mal-être qui s’apparente à une « mini-dépression ». Et nous ne sommes pas tous égaux face à l’automne et l’hiver : à chacun sa fragilité initiale. « On ne réagit pas forcément de la même manière, il y a l’hérédité, avec des familles qui sont plus fragiles sur le plan de la dépression. »
Un symptôme automnal 100% méditéranéen
La géographie est elle aussi, à prendre en considération puisque « nous n’avons pas les mêmes saisons. Ce symptôme automnal s’observe autour de la Méditerranée. En dessous, on ne le rencontre pas vraiment puisque le raccourcissement, la différence jour-nuit au cours de l'année, n'est pas du tout la même. »
Heure d'hiver : êtes-vous touchés par le blues hivernal ? #PAF
— TBT9 (@TBT9_W9) October 30, 2023
Des signaux multiples, propres à chaque individu
Comment déceler un possible blues hivernal ? « Une humeur un peu triste, une fatigabilité non expliquée par le travail ou les circonstances, des difficultés de concentration. » Attention, il existe autant de signes avant-coureurs que d’individus.
Certains s’apparentent à des troubles du comportement alimentaire (TCA) : « On se rend compte qu'on a plus besoin de sucre alors que d'habitude ce n'est pas comme ça, il y a une prise de poids, des signes qui pourraient évoquer tout simplement une dépression, sauf que ça n'en est pas réellement une. »
Un éclairage matinal peut sauver votre journée
Ça se soigne docteur ? Oui, et pas besoin de médicaments. « Ça se soigne par la lumière. » Notre cerveau possède un rythme circadien, une sorte de réglage interne et « il est important de le réguler dès le matin : à ce moment-là, nous sommes globalement tous dans notre salle de bain ou dans notre cuisine et c'est très important d'avoir dans ces deux pièces un éclairage suffisant. »
La sérotonine, hormone miracle
10 000 lux pendant 10-15 minutes ? « C’est idéal pour régler tout le reste de la journée. » De même, une marche le midi possède de nombreux bénéfices sur le moral. En cas de symptômes automnaux trop intenses, « on peut aller jusqu'à recourir aux antidépresseurs, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine justement ».
Mais des « capteurs de soleil » comme la vitamine D, ou encore, les oméga 3 et la marche pour baisser le cortisol et réguler nos hormones, restent la meilleure solution. « Avec un petit peu de luminothérapie, ça peut être aussi une solution, même en préventif. »