Posséder un logement coûte de plus en plus cher en France, alors même que le marché immobilier tourne au ralenti. Entre 2021 et 2025, la taxe foncière a grimpé de 18,6 % en médiane dans les 200 principales communes des zones tendues. Dans le même temps, le nombre de transactions immobilières a enregistré un repli moyen de 9,4 % par an.
C'est ce constat que dresse la deuxième édition de l'Indice d'Attractivité Fiscale (IAF) publiée par la plateforme maslow.immo. Pour identifier les territoires qui résistent le mieux à cette double contrainte, cet indicateur croise à 60 % la dynamique des transactions immobilières et à 40 % l'évolution de la fiscalité locale. L'analyse porte sur 200 communes de plus de 20 000 habitants situées en zones tendues (A, A bis et B1) et réalisant au moins 200 ventes par an.
La loi du marché avant tout
Si l'envolée de la taxe foncière pèse sur le budget des ménages, elle ne suffit pas à expliquer à elle seule les écarts de santé économique entre les communes. En effet, la hausse des taux de taxe foncière reste relativement homogène sur le territoire : elle s'échelonne en médiane de +17,61 % en zone A bis à +19,08 % en zone A, soit un écart de moins de 1,5 point entre les zones.
En revanche, la trajectoire des prix de l'immobilier révèle une fracture bien plus profonde. Les prix au mètre carré des appartements chutent de 8,86 % en zone A bis, alors qu'ils progressent de 7,60 % en zone B1, soit un écart de plus de 16 points. Comme le souligne Pierre-Emmanuel Jus, Directeur Délégué de [lien suspect supprimé] : « Ce n'est pas la fiscalité qui a redessiné la carte, c'est le marché ».
Brive-la-Gaillarde en tête, Paris et Grenoble à la traîne
Au classement général de la résistance immobilière et fiscale, c'est Brive-la-Gaillarde (Corrèze) qui décroche la première place avec la note maximale de 100/100. Elle est suivie par Bastia (94,2) et Châtenay-Malabry (91,1). Le Top 10 distingue aussi bien des villes moyennes attractives (Laval, Béziers, Arles) que des communes franciliennes cotées (Montrouge, Villiers-sur-Marne, Saint-Ouen-sur-Seine). Ces communes partagent un point commun : un niveau de transactions qui résiste mieux que la moyenne et des hausses d'impôts locaux contenues.
Parmi les 35 grandes métropoles de plus de 100 000 habitants, l'indice d'attractivité varie grandement, allant de 85,8 à 6,2. Les villes de Caen (85,8), Rennes (85,3), Besançon (84,9), Nîmes (84,7) et Perpignan (84,1) s'imposent en tête des grandes agglomérations résilientes. À l'opposé du spectre, Grenoble (6,2) et Paris (10,1) occupent le bas du classement, pâtissant d'une pression fiscale forte ou d'un ralentissement marqué des ventes.