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Cures thermales : vers un désengagement de l'Assurance maladie dès 2027 ?

Le gouvernement souhaite économiser 200 millions d'euros dès 2027 en basculant la prise en charge des cures thermales de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé. Face à ce déremboursement déguisé, le Conseil national des établissements thermaux (CNETh) tire la sonnette d'alarme. Entre hausse des cotisations, coût direct pour près de 500 000 malades chroniques et fragilisation des territoires ruraux, découvrez les enjeux d'un arbitrage budgétaire contesté avant même les conclusions de la Haute Autorité de santé.

Annoncé par Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027, le plan prévoit de déléguer 200 millions d'euros de prise en charge des soins thermaux aux complémentaires santé. Pour le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), derrière le terme de « transfert », il s'agit d'un « déremboursement qui ne dit pas son nom ».

Bien que cette économie soit inscrite dans la trajectoire budgétaire, aucune disposition spécifique du PLFSS 2027 ne détaille les modalités pratiques de ce changement. Une situation singulière, alors que l'an dernier, l'Assemblée nationale avait rejeté par 167 voix contre 24 un amendement visant le déremboursement partiel des cures. Par ailleurs, les cures thermales ne représentent actuellement que 0,1 % des dépenses globales de l'Assurance maladie.

Un impact financier direct pour 500 000 assurés

Chaque année, environ 500 000 patients suivent une cure thermale prescrite par leur médecin. Ces soins s'adressent principalement à des personnes atteintes de pathologies chroniques rhumatologiques, respiratoires ou vasculaires. Il s'agit majoritairement de patients âgés et aux revenus modestes. L'inquiétude repose sur le fonctionnement des organismes complémentaires. Les contrats dits « responsables » des mutuelles et complémentaires ne comportent aucune obligation générale d'assurer la prise en charge des soins thermaux.

Dès lors, deux scénarios défavorables aux assurés se dessinent. Si les complémentaires refusent de compenser la baisse d'intervention de l'Assurance maladie, le reste à charge sera directement financé par les malades. Si les mutuelles prennent en charge cette dépense supplémentaire, celle-ci sera répercutée à la hausse sur les cotisations de l'ensemble des adhérents.

Quel impact pour la santé et l'économie locale ?

La médecine thermale combine soins encadrés, suivi médical, éducation en santé et prévention de la perte d'autonomie. Au-delà du volet médical, la mesure menace le tissu économique territorial car 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants, souvent caractérisées par un accès aux soins restreint.

Et puis, la filière thermale représente environ 25 000 emplois locaux et mobilise des médecins ainsi que divers professionnels de santé sur tout le territoire.

Une décision politique qui devance l'évaluation scientifique de la HAS

Le gouvernement avait lui-même saisi la Haute Autorité de santé (HAS) en février 2026 pour évaluer les travaux cliniques existants et rendre un avis officiel sur le service médical rendu (SMR) de la médecine thermale.

Le CNETh juge incohérent d'acter une réduction de financement avant la remise de ce rapport d'évaluation. Le collectif demande au gouvernement d'abandonner ce transfert et appelle les parlementaires à se saisir du débat lors de l'examen du PLFSS 2027, afin de garantir des décisions fondées sur des preuves médicales et scientifiques.

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