Jacques Cardoze : Vous deviez vous rendre à Auch aujourd'hui pour la pose de la première pierre du chantier de rénovation-extension d'un centre hospitalier. Votre visite est reportée en raison des manifestations que Matignon qualifie de violences urbaines et pointe du doigt LFI. À l'inverse, Manuel Bompard accuse le gouvernement de sombrer dans le complotisme. Vous êtes complotiste ?
Stéphanie Rist : « Il suffit de regarder les vidéos qui sont passées à la télé. Moi, j'ai envie qu'on écoute les lycéens et ce qu'ils ont à dire et à revendiquer. C'est ce que va faire Édouard Geffray, ce qu'il fait depuis le début de la semaine et aujourd'hui il les reçoit au ministère avec les familles. C'est très important de pouvoir écouter les revendications des lycéens, mais ce que fait LFI est complètement irresponsable… »
💥Mouvement lycéen qui dégénère
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🗣️ @stephanie_rist : "Toutes les revendications des jeunes sont légitimes. Il faut les entendre. Mais je trouve cela choquant" #GrandMatin
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Elles sont légitimes, ces revendications ?
« Moi, je considère que toutes les revendications des jeunes sont de base légitimes. Donc il faut les écouter. Je travaille beaucoup avec les jeunes sur la santé, les étudiants en santé pour améliorer notre système de santé de demain. Quand des jeunes vous disent des choses, il faut les entendre. Maintenant, que des parlementaires, que des politiques allument la flamme, il y a eu plus de 200 blessés hier. On se rend compte. J'ai un proviseur dans l'agglomération orléanaise d'où je suis qui a été frappé au ventre. Je trouve ça choquant et pas responsable. »
"Plus il y aura de sucre dans les gâteaux, plus il y aura de taxe"
Vous avez présenté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 avec notamment une nouvelle taxe, la taxe sucre sur le modèle de la taxe soda. D'abord, son fonctionnement. Est-ce que le barème de cette taxe sera croissant selon la teneur en sucre ?
« C'est une taxe proportionnelle, c'est-à-dire plus il y aura de sucre dans les gâteaux, dans les bonbons, plus il y aura de taxe. Mais s'il y a moins de sucre, il y a moins de taxe. L'objectif de cette taxe n'est pas de mettre une taxe. L'objectif, c'est un objectif de santé publique. Il y a un adulte sur deux qui est en surpoids ou en obésité. 80 % de nos enfants mangent trop de sucre par jour.
On sait que ça a des conséquences sur la santé : la maladie du diabète, l'obésité bien sûr, mais aussi des maladies du cœur, des vaisseaux et certains cancers. Donc nous avons à prendre conscience collectivement. L'objectif de cette taxe est de dire aux industriels : diminuez la consommation de sucre dans ces gâteaux ou bonbons qui sont emballés avec des additifs rajoutés, et il n'y aura pas de taxe ou beaucoup moins. »
🍬PLFSS pour 2027 : une "taxe sucre"
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🗣️ @stephanie_rist : "Cette taxe a un objectif de santé publique et de parler aux industriels : vous avez en main la santé de nos enfants." #GrandMatin
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"Les industriels ont en main la santé de nos enfants"
C'est une forme d'incitation à être un peu plus vertueux, à mieux composer ses recettes avec moins de sucre ?
« Clairement, c'est ce qui a été fait avec la taxe soda. Depuis 2012, il y a une taxe soda. Dans les années qui ont suivi, les boissons sucrées ont diminué leur quantité de sucre entre 6 et 17 % selon les boissons. Donc ça marche. Ce qu'on dit, c'est : vous êtes industriel, vous avez en main aussi la santé de demain de nos enfants. »
Ça marche sur peut-être la teneur en sucre, mais ça n'a pas détourné les consommateurs de ces boissons soda. Vous imaginez bien que ça ne va pas détourner les consommateurs de la consommation de sucre ?
« L'objectif de cette taxe est vraiment de parler aux industriels, de leur dire : diminuez vos recettes, changez vos recettes. Ça a été fait pour le soda, vous pouvez le faire aussi pour ces produits. »
Additifs : "Les produits qui ne contiennent que du sucre ne seront pas taxés"
Qui est concerné par cette taxe ? En un mot, est-ce que vous allez par exemple préserver les petites entreprises artisanales ?
« Je ne veux stigmatiser personne, mais ce qui est dans la loi et dans la taxe, c'est du sucre avec des additifs et de l'emballage. »
Donc les additifs sont un ajout d'une certaine façon à la taxe, c'est ça ?
« Si vous avez des produits qui ne contiennent que du sucre, ils ne seront pas taxés. Si vous avez des produits sucrés plus des additifs et qui sont emballés, ceux-là seront taxés. »
"Un décret pour lutter contre l'abus des arrêts maladie"
Le gouvernement veut réaliser 2 milliards d'économies sur les arrêts maladie longue durée. Pour y répondre, une mesure entend renforcer la coordination entre le médecin traitant, le médecin du travail et le médecin conseil de l'Assurance maladie. À quoi doit servir cette coordination ? À combattre les arrêts de complaisance ?
« Oui, on a fait avec mon collègue Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, un pacte arrêt maladie de 2 milliards d'économies. D'abord, on s'attaque aux arrêts maladie courts et j'ai publié un décret pour lutter contre l'abus des arrêts maladie, ces personnes qui peuvent voir cinq médecins en 2 mois pour avoir des petits arrêts maladie. Donc ça, on a renforcé les sanctions et l'Assurance maladie va plus contrôler.
Ensuite, on a proposé des mesures avec Jean-Pierre Farandou sur la prévention au travail, mais aussi sur la prise en charge de ces personnes qui ont des arrêts maladie parfois très longs et qui pour autant ne consultent pas des professionnels, ne sont pas prises en charge pour leur santé. Donc ce que nous disons, c'est : nous allons diminuer ces arrêts maladie longue durée, mais nous allons proposer des parcours de santé pour aller mieux.
Et puis il y a un sujet qui permet aussi d'améliorer la relation : si on améliore la relation entre le médecin du travail, le médecin généraliste et le médecin de la Sécu, eh bien on arrive à prendre en charge correctement la personne en étant plus accompagnant de cette personne. »
"Il peut y avoir des amendes supplémentaires en fonction de l'abus"
Vous parliez de renforcement de sanctions. On pourrait aller jusqu'à quel type de sanction ?
« Ce sont des sanctions financières quand un abus est constaté, des sanctions financières que nous aggravons dans le décret que j'ai pu sortir. »
De quel ordre ? Avec des montants dont vous pouvez nous parler ce matin ?
« Très souvent, c'est le fait de déjà rembourser les indemnités qui ont été versées, et il peut y avoir des amendes supplémentaires en fonction de l'abus qui est constaté. »
"La contribution des laboratoires pharmaceutiques sera de 3 milliards"
Le gouvernement veut aussi faire 3 milliards d'économies sur les médicaments. L'idée est notamment de moins rembourser certains médicaments qui marchent peu. L'industrie pharmaceutique, j'imagine, ne va pas être contente. Vous avez négocié avec elle ?
« Il y a plusieurs mesures. Il y a des mesures que j'ai prises cet été qui effectivement disent que l'Assurance maladie remboursera moins des médicaments qui sont un peu moins efficaces. Ça, c'est la Haute Autorité de santé qui le dit, et dans ces cas-là, c'est la complémentaire qui prend en charge ce financement.
Et puis il y a la contribution des laboratoires pharmaceutiques. Ça, c'est dans le budget de la Sécu, et cette contribution est de 3 milliards. C'est une sorte de contribution des industriels pharmaceutiques, équivalente à ce qui était demandé l'année dernière aux laboratoires pharmaceutiques. »
💊Projet de #Budget2027 de la Sécurité Sociale
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🗣️ @stephanie_rist : "On va diviser le déficit par deux mais il est en augmentation : 6 milliards de dépenses en plus pour la santé en 2027" #GrandMatin
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Budget de la Sécurité sociale : "On va diviser le déficit par deux"
Les députés socialistes ne voient apparemment aucune main tendue et la députée socialiste Estelle Mercier a parlé de provocation à la vue de ces projets de budget qui sont présentés. Qu'est-ce que vous lui répondez ce matin ?
« Je lui dis que le budget de la Sécurité sociale, certes on va diviser le déficit par deux, mais on a un budget de la Sécurité sociale en augmentation pour l'Assurance maladie. C'est 6 milliards de plus de dépenses de santé en 2027 dans ce budget. 6 milliards qui vont permettre d'investir dans les hôpitaux, d'investir pour le changement climatique, de permettre d'avoir des tarifs qui permettent de ne pas fermer des hôpitaux.
Ce sont des mesures pour l'accès aux soins, pour la prévention, pour la protection de la santé des enfants. C'est ça qu'il y a dans le budget de la Sécurité sociale. Le budget de la Sécurité sociale est en augmentation au-dessus de l'inflation. »
Malgré la baisse globale qui fait passer le déficit de 22 milliards l'année dernière à 12,7 milliards ?
« Oui, il y a des choix qui ont été faits et des priorités qui ont été données pour l'hôpital. C'est plus de 3 % d'augmentation, donc bien au-delà de l'inflation pour 2027. »
💊Zoladex d'AstraZeneca contre le cancer du sein bientôt plus pris en charge ?
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🗣️@stephanie_rist : "Nous travaillons sur le sujet. Pas d'inquiétude, nous sommes dans un pays qui protège le mieux, nous voulons continuer" #GrandMatin
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Cancer du sein : vers la fin de la prise en charge d'un traitement ?
Le traitement Zoladex d'AstraZeneca, utilisé pour le traitement du cancer du sein, ne doit plus être pris en charge selon le laboratoire. Ça veut dire qu'il y aurait une augmentation des prix puisqu'il n'y aurait plus de prise en charge par la Sécurité sociale.
« Non, nous sommes en train de travailler sur le sujet. J'ai pu communiquer hier sur ce sujet. On a deux financeurs qui nous permettent d'être un des pays où le reste à payer pour les Français pour leur santé est le plus bas : l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires. Plus de 97 % des Français ont une complémentaire. Dans ces cas-là, les prises en charge se font. Donc nous sommes en train de travailler dans ce cas précis. »
Donc pas de grande inquiétude pour les femmes atteintes de cancer du sein et qui sont traitées par le Zoladex ? Elles n'auront pas à payer 500 ou 1 000 € ?
« Nous sommes dans un pays qui protège vraiment le mieux, un des pays les mieux protégés au monde, et c'est pour ça que nous faisons d'ailleurs ces efforts qui sont proposés dans le budget pour pouvoir continuer à bien protéger les Français. »