Une carte cadeau de 50 euros oubliée dans un portefeuille, un coffret pour un dîner ou un week-end qui dort dans un tiroir… Ces cadeaux ont pourtant été payés et valent parfois cher. Mais une partie d’entre eux ne sera jamais utilisée. L'argent, lui, ne disparaît pas ! Alors, qu’est-ce qui cloche et peut-on encore les utiliser au-delà de la date de péremption ?
Un cadeau sur trois ne serait jamais utilisé
Les cartes et coffrets cadeaux sont devenus des incontournables des anniversaires, de Noël et des fêtes de famille. C’est pratique : plutôt que de risquer de se tromper, on laisse au bénéficiaire le choix de son cadeau. Et le succès est au rendez-vous. Rien que pour les cartes cadeaux, le marché français représente environ 8,6 milliards d’euros par an, selon Buybox, spécialiste du secteur.
Mais derrière cet engouement se cache une réalité beaucoup moins réjouissante. Toutes les études le confirment : environ un tiers des cartes et coffrets cadeaux ne seraient jamais utilisés. Une proportion considérable pour des produits qui ont pourtant été intégralement payés ! Le scénario est souvent le même : on reçoit une carte cadeau, on la range en attendant d’en avoir besoin, puis on l’oublie. Même chose pour un coffret proposant un dîner, un massage ou un séjour. Et lorsqu’on remet enfin la main dessus, la date de validité est parfois dépassée. Le cadeau s’est transformé en argent perdu.
L’argent est encaissé, même si le cadeau n’est jamais utilisé
C’est là tout le paradoxe de ce marché. Lorsqu’on offre une carte cadeau de 50 euros ou un coffret à 100 euros, l’argent est immédiatement encaissé. En revanche, le produit ou la prestation correspondante ne sera fourni que lorsque le bénéficiaire décidera d’utiliser son cadeau. Et si ce dernier ne l’utilise jamais, l’enseigne ou l’émetteur peut conserver la somme, selon les conditions applicables. Cartes et coffrets cadeaux confondus, environ 1,8 milliard d’euros seraient ainsi perdus chaque année en France, selon l’estimation citée dans la chronique. Autant d’argent dépensé par les consommateurs sans qu’ils profitent des cadeaux correspondants.

Tout n'est pas perdu
Mais tout n’est pas nécessairement perdu lorsqu’une carte ou un coffret arrive à expiration. Certains émetteurs proposent des échanges ou des prolongations, parfois gratuitement. Attention toutefois : ces possibilités dépendent des conditions prévues et peuvent imposer des délais ou des démarches spécifiques. Le principe rappelle certains dispositifs existant pour les titres-restaurant ou les chèques-vacances, qui disposent toutefois de leurs propres règles d’échange. Le problème, c’est que ces procédures ne sont pas toujours simples. Il faut retrouver les conditions, effectuer une demande, parfois créer un compte ou respecter une date limite supplémentaire. Et si les consignes ne sont pas suivies, la valeur du cadeau peut être définitivement perdue.
Vérifier les possibilités d'échange
Avant de jeter une carte ou un coffret périmé, mieux vaut donc vérifier les possibilités d’échange auprès de son émetteur. Car derrière ces cadeaux inutilisés se cache un mécanisme particulièrement avantageux pour les entreprises : elles peuvent conserver de l’argent encaissé sans avoir à fournir la prestation correspondante.
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