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Agriculteurs : "Dans nos fermes, il n'y a plus d'argent"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Le millésime 2026 et ses canicules à répétition sera-t-il le plus dramatique pour les agriculteurs français ? Luc Smessaert a fait part de son inquiétude sur Sud Radio

agriculteurs
Des agriculteurs apportent de l'eau pour aider les pompiers à combattre l'incendie de forêt à Saint-Jean-d'Illac, à l'ouest de Bordeaux, le 27 juillet 2026 (Philippe Lopez - AFP)

On parle d’une véritable catastrophe à venir pour les agriculteurs du fait de la sécheresse. Ils réclament plusieurs milliards d’euros d’aide à l’État. Quels sont ceux qui ont le plus souffert ?

Des agriculteurs en péril

"Aujourd’hui, toutes les filières sont touchées, résume Luc Smessaert , vice-président de la FNSEA au micro de Jacques Cardoze, sur l'antenne de Sud Radio. Les plus impactés sont quand même toute la filière du maraîchage. Les légumes, les fruits, l’élevage. Je suis moi-même éleveur, et sur les prairies, nos vaches n’ont plus rien à manger."

"Pour les céréaliers, on annonce une baisse historique sur le maïs. On avait déjà eu une baisse de 20%, on parle cette fois de plus de 35%. Cela fait des chiffres spectaculaires. La réalité, dans nos fermes, est qu’il n’y a plus d’argent. Les éleveurs sont en train de décapitaliser, ils vendent des animaux car ils entament les stocks de l’hiver."

La filière viticole également touchée

La production française de maïs devrait s’élever à 9 millions de tonnes, soit le niveau le plus faible depuis 1980. Les rendements seraient en recul de 19% sur un an. "Quand il y a de telles sécheresses, c’est le maïs qui sauvait l’élevage français, explique Luc Smessaert , vice-président de la FNSEA sur l'antenne de Sud Radio. On voit bien que, cette année, cela ne va pas être le cas. Sur mon exploitation, il y a une perte de 50%. Il va falloir racheter du fourrage, et il n’y a pas de disponibilité car toute la France est touchée."

"Il faut ajouter à cela toute la filière viticole. Les vendanges ont commencé il y a une dizaine de jours. On est à -20 ou -30%. Le cru va être excellent, mais il n’y aura pas la quantité. Les canicules se répètent. On fait référence à 1976, l’année la plus dramatique de l’agriculture française, mais avec les charges de 2026. Il va falloir que le gouvernement nous donne des solutions pour s’adapter à ce bouleversement climatique. Enfin, il faut stocker un peu d’eau. Si on en stocke quand elle est en excès l’hiver, les agriculteurs pourront aussi en relâcher l’été pour la nature."

Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jacques Cardoze

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