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Sapeurs-pompiers en grève : le cri d'alarme d'un système à bout de souffle

GROS PLAN SUD RADIO - Alors que les services d'incendie et de secours traversent une grève nationale d'une ampleur inédite, le Syndicat Liberté Santé (SLS) monte au créneau. En apportant son soutien aux secours en colère, l'organisation dénonce l'épuisement des effectifs, le sous-investissement chronique et l'impact direct de la crise sanitaire sur la chaîne d'urgence.

(Photo de Zakaria ABDELKAFI / AFP)

Engagée depuis le 8 septembre et prévue pour durer jusqu'au 20 octobre 2026, la grève nationale portée par les neuf organisations syndicales représentatives des Services d'incendie et de secours (SDIS) marque un tournant. Ce mouvement social s'inscrit au cœur d'un calendrier politique stratégique, alors que se négocient la loi de modernisation de la Sécurité civile ainsi que le budget de l'État pour 2027.

Face à cette paralysie programmée, le Syndicat Liberté Santé (SLS) a officialisé son soutien aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires dans un communiqué publié en début de semaine. Pour l'organisation, les revendications dépassent largement le cadre corporatiste : c'est l'ensemble de la sécurité de la population qui est aujourd'hui menacé par la fragilisation de la chaîne de secours.

« Les pompiers n'ont pas besoin qu'on les appelle des héros ! »

Revenant sur la déclaration commune des syndicats de pompiers du 5 août dernier, le SLS fustige l'usage politique du terme « héros ». Selon le syndicat, ce qualificatif flatteur sert trop souvent de cache-sexe à plus de vingt années de sous-investissement et d'avertissements ignorés par les pouvoirs publics.

Le constat est sans appel : le courage individuel ne peut plus pallier les carences structurelles de l'État et des collectivités. L'allongement des délais d'intervention, la multiplication des postes non pourvus et la pression opérationnelle continue conduisent à un épuisement généralisé des agents. Comme le résume le SLS : « Un professionnel épuisé ne peut pas être considéré comme une ressource inépuisable ».

8 interventions sur 10 relèvent du secours et des soins d'urgence

Pour comprendre l'engorgement des casernes, il faut regarder du côté des hôpitaux et de la médecine de ville. Aujourd'hui, près de 8 interventions sur 10 (80 %) effectuées par les sapeurs-pompiers relèvent du secours et des soins d'urgence aux personnes.

Chaque fermeture de service d'urgence, chaque pénurie d'ambulances privées et chaque désert médical se traduisent immédiatement par un départ de véhicule de pompiers. « La fatigue de l'hôpital ne s'arrête pas à la porte de l'hôpital : elle se déverse sur la chaîne de secours », analyse le syndicat, qui plaide pour la tenue d'un dialogue national réunissant enfin autour d'une même table les acteurs de la santé, du médico-social et du secours.

La balle dans le camp de l'Etat

Face à l'urgence de la situation, la balle est désormais dans le camp du Gouvernement et du Parlement. Car comme le rappelle le SLS en conclusion : « La protection de la population commence par la protection de ceux qui la protègent ».

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