Recrudescence d'orages en France : "Une situation a priori exceptionnelle"

Près de 155 000 impacts de foudre ont été constatés sur le sol français durant le mois de mai (©Philippe Huguen - AFP)

Prévisionniste chez Météo-France, Frédéric Nathan était l’invité du 18h Sud Radio pour évoquer la météo inhabituelle de ces derniers jours, avec de nombreux orages sur le territoire français.

155 000 impacts de foudre depuis le début du mois. Du jamais vu pour un mois de mai depuis l’an 2000, alors que le précédent record de mai 2009 n’affichait "que" 84 000 impacts au compteur. Prévisionniste chez Météo-France, Frédéric Nathan revient au micro de Sud Radio sur les raisons de la recrudescence actuelle d’orages sur le territoire français. "C’est la situation générale qui favorise le développement de ces orages. On a de l’air froid en altitude qui s’est positionné entre le proche Atlantique, l’Espagne et le sud de la France, et qui est rentré en conflit avec de l’air très chaud en basse couche en provenance du Maghreb la semaine dernière. C’est cela qui favorise le développement de cellules orageuses intenses depuis plusieurs jours, une situation dont on n’arrive pas à sortir pour le moment", explique-t-il.

Pour celui-ci, ces nombreux orages étaient difficiles prévisibles. "C’est une situation a priori exceptionnelle, même si l’on n’a pas de statistiques sur le nombre d’impacts de foudre au sol avant 2000. Ça restera dans les annales comme un mois de mai extrêmement orageux. (…) Les orages sont toujours inquiétants : ils peuvent être forts et accompagnés de grêle et de violentes intempéries. Les mois de mai se suivent et ne se ressemblent pas du tout. On peut citer par exemple le mois de mai 2015, qui n’a pas du tout été orageux. C’est très variable", assure-t-il.

Pour Frédéric Nathan, difficile toutefois de voir dans cette situation exceptionnelle l’impact du dérèglement climatique. "On ne peut pas dire que c’est une conséquence du réchauffement climatique, aucune étude n’a montré qu’il y aurait plus d’orages que par le passé et qu’il y en aura plus dans le futur. Ce qu’on peut dire, c’est que les orages pourraient être plus intenses, dans le sens où on pourrait avoir des pluies plus intenses en peu de temps, avec plus d’air chaud présent", prévient-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Frédéric Nathan dans le Grand Matin Sud Radio

 

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