Rien n’échappe aux pilleurs et autres voleurs sans vertu, pas même les cimetières. À l’approche de la Toussaint, la gendarmerie appelle à la vigilance face à la recrudescence des vols dans ces lieux de recueillement. À Marseille, Philippe en a récemment fait les frais, à l’endroit où repose sa fille décédée.
« On m'a dérobé la plaque qui est scellée sur la case dans laquelle reposent les cendres de ma fille. C'est du marbre », explique-t-il. Pour lutter, il a donc décidé de revenir « avec un carton bien vilain, avec un scotch bien visible » afin de réécrire « le nom, le prénom, l'état de naissance et de décès » de sa fille et « je préciserai que la plaque a été volée dans l'indifférence générale », conclut-il.
Des complices dans les cimetières ?
Joseph, qui nettoie la tombe de ses parents au cimetière Saint-Pierre, dénonce lui, une complicité avec des personnes au sein du cimetière. Pour lui, ces vols ne peuvent pas passer inaperçus. Il s’interroge notamment sur les moyens employés pour emporter des objets aussi lourds : « Comment voulez-vous que quelqu’un sorte normalement par la porte avec une plaque de marbre qui pèse au moins 5 kg ? C’est bizarre, non ? »
« On fait de l’argent avec n’importe quoi maintenant ! »
À l’approche de la Toussaint, ces dégradations suscitent l’indignation des familles venues se recueillir sur les tombes de leurs proches. Pour certains, ces actes dépassent largement le simple vol d’objets de valeur.
« On fait de l’argent avec n’importe quoi maintenant », déplore une personne interrogée par Lionel Maillet. Avant d’ajouter : « Et malheureusement, ça atteint le souvenir de nos anciens et c’est inadmissible. » Une femme juge que « ça va plus loin que voler, là. Dans le cœur des parents, des familles, ça va beaucoup, beaucoup plus loin. »
Les églises également touchées
Les cimetières ne sont pas les seuls lieux concernés. Les églises sont elles aussi visées par ces pillages. À Aubagne, Henri, un retraité qui se rend régulièrement à l’église explique : « on est obligés de rester là de 9 h à 11 h, demain par exemple. »
Selon lui, les voleurs s’intéressent avant tout aux objets en métaux précieux : « Le calice, toutes les pièces en or, en argent, c’est ça qui les intéresse, c’est tout. » Désabusé, il conclut : « On ne respecte plus rien. »