Un deuxième suspect, âgé de 16 ans, a été mis en examen à Paris dans le cadre de l'enquête sur le piratage du fisc revendiqué par un duo de hackers surnommé ZeroBytes.
Ce jeune homme, qui était âgé de 15 ans au moment des faits, a été placé sous contrôle judiciaire, a précisé le parquet de Paris, confirmant une information du journal Le Monde, qui indique qu'il agissait sous le pseudonyme de "Casquette". Selon le quotidien, cette mise en examen a été notifiée mercredi.
L'adolescent a été mis en examen pour "extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l'Etat, en bande organisée" et "accès et maintien frauduleux" dans ce même système.
Il est soupçonné d'être membre du groupe de pirates informatiques "ZeroBytes", qui a revendiqué mi-août le piratage du fisc, survenu fin juin et fin juillet.
"J'aimerais rappeler vivement qu'il est présumé innocent", a déclaré son avocat, Me Reda Ghilaci, sollicité par l'AFP, sans davantage de commentaires.
Un homme de 18 ans, suspecté d'être aussi membre de "ZeroBytes" et d'avoir participé aux attaques contre le fisc, avait déjà été mis en examen début septembre. Cet homme, agissant sous le pseudonyme "ChatNoir" selon Le Monde, a été placé en détention provisoire.
L'autre suspect de 16 ans avait déjà été interpellé et placé en garde à vue avant d'être libéré, selon des informations communiquées par le parquet en septembre. Les enquêteurs ont exploité son matériel informatique avant de l'interpeller à nouveau.
Le Monde indique que sa première garde à vue était liée à un dossier de piratage plus ancien portant sur le groupe de hackers Epsilon, qui serait donc l'ancêtre de ZeroBytes.
- "Exploitation de faiblesses" -
Le piratage du fisc a entraîné le vol de données, pour certaines sensibles, d'au moins 678.000 particuliers et professionnels, selon la direction générale des finances publiques (DGFiP).
Mi-août, ZeroBytes avait affirmé à l'AFP avoir vendu les données volées au fisc, pour une somme se chiffrant "en milliers d'euros", une affirmation invérifiable. Interrogé sur ses objectifs, le duo assurait ne pas avoir de "motivations précises", si ce n'est "l'argent, j'imagine".
Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source.
Dans un rapport d'incident publié fin septembre, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) a indiqué que les vols de données personnelles hébergées par le fisc n'étaient "pas la conséquence d'une attaque sophistiquée": ils ont reposé sur l'"exploitation de faiblesses" au sein des systèmes informatiques.
D'après les constatations de l'autorité, ZeroBytes est parvenu à se connecter aux services de la DGFiP grâce à des identifiants légitimes volés à certains agents.
L'Anssi a formulé plusieurs recommandations, comme la généralisation de l'authentification multifacteur, qui empêche de se connecter grâce à un seul mot de passe en exigeant en complément une deuxième validation.
Après les vols de données à la DGFiP, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait indiqué que "peu de ministères sont au niveau requis" en France en matière de cybersécurité.
Parmi les victimes de ZeroBytes, le parquet de Paris avait également cité les services de l'Education nationale (Académie de Créteil, Agence pour l'enseignement français à l'étranger), France Travail, la Fédération Française de Handball, le distributeur Intermarché ou encore le groupe de télécoms SFR.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête dès "réception des premières plaintes", le 31 juillet. L'enquête est menée par les policiers de l'Office anti-cybercriminalité (Ofac).
D'une manière générale, le parquet chargé de la lutte anticybercriminalité a constaté ces derniers mois "une recrudescence des mineurs commettant des infractions", avait expliqué Johanna Brousse, la magistrate qui le dirige, appelant à "déconstruire le mythe du héros hacker", dans une interview récente à l'AFP.
Par Céline CORNU / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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