Faire tourner son lave-linge en pleine nuit pour payer moins cher son électricité : une habitude adoptée par des millions de Français. Pourtant, pendant des années, les heures creuses n’étaient pas forcément une bonne affaire. Mais depuis février 2026, les règles ont changé. Qu’est-ce qui cloche ?
Heures creuses : pourquoi des millions de Français perdaient de l’argent
En France, environ 15 millions de foyers disposent d’un abonnement électrique avec une distinction entre heures pleines et heures creuses. Le principe est simple : l’électricité coûte moins cher pendant certaines plages horaires, traditionnellement situées la nuit. De quoi inciter les consommateurs à programmer leur lave-linge, leur sèche-linge ou d’autres appareils énergivores lorsque les tarifs sont réduits.
Seulement voilà : pendant très longtemps, cette formule n’était pas forcément rentable. On estimait que près de la moitié des abonnés aux heures creuses perdaient de l’argent, à hauteur de 30 à 50 euros par an. La raison ? L’abonnement coûtait plus cher qu’un contrat classique. Pour compenser ce surcoût, il fallait consommer suffisamment d’électricité pendant les heures creuses. Ceux qui se contentaient de faire tourner occasionnellement leur machine à laver la nuit ne réalisaient pas toujours assez d’économies pour amortir la différence.
Un abonnement désormais au même prix et des heures creuses en pleine journée
C’est une évolution passée relativement inaperçue : depuis février 2026, l’abonnement heures pleines/heures creuses est facturé au même prix que l’abonnement au tarif de base. Un changement important pour les consommateurs, puisqu’il supprime le surcoût qui rendait auparavant cette formule peu intéressante pour de nombreux ménages. Cette évolution accompagne une transformation plus large du système électrique français. Avec le développement massif des panneaux solaires et des éoliennes, les producteurs cherchent à encourager la consommation d’électricité lorsque la production est abondante. Et pour y parvenir, rien de tel qu’un tarif réduit.
Conséquence : les heures creuses ne sont plus nécessairement réservées à la nuit. Déjà, 3,5 millions de foyers français ont vu leurs horaires évoluer, avec désormais des heures creuses également proposées l’après-midi, notamment entre 13 heures et 17 heures. Le reste des plages horaires demeure situé la nuit. Cette évolution se fait progressivement, car EDF et les autres fournisseurs d’électricité ne peuvent pas modifier les horaires de tous leurs clients simultanément. À terme, les heures creuses en journée devraient se généraliser. Une nouvelle organisation qui permettra aux consommateurs de profiter de tarifs réduits sans forcément attendre le milieu de la nuit pour utiliser leurs appareils électriques.
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