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Les commerçants inquiets avant Noël : « Avec ce climat de tension, les gens ne viendront plus »

Par Elliott Léonard

REPORTAGE SUD RADIO - Les commerçants français ont le moral en berne. Après avoir vécu un 17 octobre particulièrement dévastateur et un 24 octobre malgré tout plus calme, mais marqué par la désertion des centres-villes, ils redoutent les prochains samedis de mobilisation. La baisse du chiffre d’affaires se fait déjà ressentir. La CCI évoque une baisse de 80 % de l’activité dans les centres-villes le week-end et 1,5 milliard d’euros de pertes par week-end jusqu’à Noël si la situation perdure.

Commerçant inspectant les dégâts après les violences à Paris.
JEFF PACHOUD - AFP/Archives

Le Black Friday arrive dans moins d’un mois et les achats pour les fêtes de fin d’année représentent, pour certains commerçants, jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires annuel. Cette série de samedis de mobilisation s’annonce donc inquiétante pour ceux qui exercent dans les centres-villes. La CCI évoque une baisse de 80 % du chiffre d'affaire et 1,5 milliard d’euros de pertes par week-end.

« On est tous barricadés comme des rats morts »

« Aujourd’hui, ambiance de merde. On est tous barricadés comme des rats morts. Il y en a plein [de commerçants] qui n’ont même pas pu avoir de réassort pour leur boutique », se plaint Sandrine, propriétaire d’une boutique dans le Marais dont la vitrine est encore brisée. Elle s’interroge : « Est-ce que ce sont des conditions normales pour travailler ? » Pour elle, la réponse est toute trouvée : « Je ne pense pas. »

« Ne pas céder à la panique »

En effet, la baisse de la fréquentation, qui fait fluctuer le chiffre d’affaires, ne se limite pas aux week-ends, mais se fait ressentir tout au long de la semaine. Irina, commerçante, le confirme : « Hier, on n’avait que quatre clientes, même si on a mis un petit signe disant qu’on reste ouvert. C’est dur. » Véronique, qui tient également une boutique, déplore : « Tant qu’on est dans ce climat de tension, les gens ne viendront plus. En plus, il y a un vrai problème de pouvoir d’achat. L’économie est complètement anéantie. On a l’impression d’être dans une mauvaise série. »

Une série qui ne risque pas de s’arrêter puisque des mobilisations sont prévues ce samedi 31 octobre, puis le 5 novembre, et sûrement les samedis suivants. Pour Lola, il n’y a pas de fatalité, même si ces rassemblements ont lieu : « Il ne faut pas céder à la panique, il faut venir voir ce qui se passe. »

Les commerces pourront-ils ouvrir le dimanche ? 

Si les commerçants ne peuvent rien faire pour contrôler l’affluence dans leurs boutiques, certains demandent à pouvoir ouvrir le dimanche. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a donc annoncé ce matin sur BFMTV vouloir faciliter « l’ouverture le dimanche d’ici à Noël pour permettre aux commerçants de rattraper ce manque à gagner ».

L’autre alternative évoquée par Emmanuel Macron consiste à interdire les manifestations dans les centres-villes.

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