Le Black Friday arrive dans moins d’un mois et les achats pour les fêtes de fin d’année représentent, pour certains commerçants, jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires annuel. Cette série de samedis de mobilisation s’annonce donc inquiétante pour ceux qui exercent dans les centres-villes. La CCI évoque une baisse de 80 % du chiffre d'affaire et 1,5 milliard d’euros de pertes par week-end.
« On est tous barricadés comme des rats morts »
« Aujourd’hui, ambiance de merde. On est tous barricadés comme des rats morts. Il y en a plein [de commerçants] qui n’ont même pas pu avoir de réassort pour leur boutique », se plaint Sandrine, propriétaire d’une boutique dans le Marais dont la vitrine est encore brisée. Elle s’interroge : « Est-ce que ce sont des conditions normales pour travailler ? » Pour elle, la réponse est toute trouvée : « Je ne pense pas. »
« Ne pas céder à la panique »
En effet, la baisse de la fréquentation, qui fait fluctuer le chiffre d’affaires, ne se limite pas aux week-ends, mais se fait ressentir tout au long de la semaine. Irina, commerçante, le confirme : « Hier, on n’avait que quatre clientes, même si on a mis un petit signe disant qu’on reste ouvert. C’est dur. » Véronique, qui tient également une boutique, déplore : « Tant qu’on est dans ce climat de tension, les gens ne viendront plus. En plus, il y a un vrai problème de pouvoir d’achat. L’économie est complètement anéantie. On a l’impression d’être dans une mauvaise série. »
Une série qui ne risque pas de s’arrêter puisque des mobilisations sont prévues ce samedi 31 octobre, puis le 5 novembre, et sûrement les samedis suivants. Pour Lola, il n’y a pas de fatalité, même si ces rassemblements ont lieu : « Il ne faut pas céder à la panique, il faut venir voir ce qui se passe. »
Les commerces pourront-ils ouvrir le dimanche ?
Si les commerçants ne peuvent rien faire pour contrôler l’affluence dans leurs boutiques, certains demandent à pouvoir ouvrir le dimanche. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a donc annoncé ce matin sur BFMTV vouloir faciliter « l’ouverture le dimanche d’ici à Noël pour permettre aux commerçants de rattraper ce manque à gagner ».
L’autre alternative évoquée par Emmanuel Macron consiste à interdire les manifestations dans les centres-villes.