Ce samedi 31 octobre 2026, les Gilets jaunes lancent leur « acte III », après les mobilisations des 17 et 24 octobre. Face à un risque de nouveaux débordements, le gouvernement prépare un dispositif de sécurité « extrêmement robuste ».
Une mobilisation moins centrée
Les organisateurs appellent aux rassemblements et sit-in devant l’Assemblée nationale, à Paris, comme devant de nombreuses mairies tricolores. Des actions locales sont aussi envisagées : ronds-points, barrages filtrants, « opérations escargot » ou rassemblements près de stations-service.
À la capitale, un parcours entre Bastille et Concorde a été déposé en préfecture : refusé. C'est également le cas dans des villes, comme Rouen et Le Havre, où rassemblements sont interdits en centres-villes. Le Président de la République a explicitement demandé à ce que les déambulations se déroulent, autant que possible, loin des lieux de commerce. Un moyen de limiter les dégâts, les pillages et la tentation de certains « casseurs d’opportunité ».
Un dispositif renforcé
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, promet un dispositif « extrêmement robuste ». Aucun chiffre officiel n’a encore été annoncé pour le 31 octobre, mais 70 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés le 24. L’effectif devrait être au moins équivalent. Les préfectures doivent porter la présence des effectifs à 75%, mobiliser la réserve opérationnelle et engager un maximum d’unités CRS, avec des renforts des forces mobiles.
Concrètement : les autorités prévoient des drones pour surveiller les cortèges, des contrôles d’identité et de véhicules renforcés, notamment près des gares et grands axes. Il est également question d’un déploiement systématique de canons à eau. Le RAID devrait être présent pour protéger les bâtiments exposés, de même que le GIGN, la BRI, des blindés Centaure et d’engins lanceurs d’eau, possiblement mobilisés.
Des sentinelles attendues, mais pas dans les cortèges
Les militaires de l’opération Sentinelle devraient être mobilisés, comme lors du 24 octobre. Leur mission ne consiste pas à encadrer les manifestations, mais à sécuriser les lieux sensibles : bâtiments publics, institutions et sites exposés. De quoi libérer les policiers et gendarmes, qui pourraient ainsi être affectés au maintien de l’ordre ou à des interventions rapides.
En revanche, aucun déploiement spécifique des pompiers ou de la garde républicaine montée n’est pour l’heure, confirmé. Les communiqués portent sur la police, la gendarmerie, les forces mobiles, le RAID, les drones et les canons à eau, déjà utilisés à Paris lors des précédentes manifestations, notamment à Porte de Vincennes, en complément des gaz lacrymogènes.
🔴 A Paris, le cortège qui était prévu entre Bastille et Nation a finalement été interdit à la dernière minute vendredi. La manifestation de ce samedi 24 octobre aura finalement lieu entre Porte d'Italie et Porte de Vincennes, de 13h à 19h. #canal16 https://t.co/xrIycZm5K2
— franceinfo (@franceinfo) October 24, 2026
Grenades et LBD toujours autorisés mais toujours contestés
Le recours aux grenades de désencerclement et lanceurs de balles de défense (LBD) reste visiblement possible, bien que contesté. Depuis septembre, des lycéens demandent au ministre de l’Intérieur, l’interdiction de ces équipements, du gaz lacrymogène et des sprays au poivre.
En cause ? Ces armements, certes de défense, peuvent causer des blessures graves. À Reims, le 24 octobre, un manifestant a été grièvement blessé au tibia par une grenade lacrymogène, entraînant l’ouverture d’une enquête de l’IGPN. 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN dans le cadre du mouvement lycéen, 8 autres pour des faits survenus les 17 et 18 octobre et 4 concernant la journée du 24 octobre.
Amnesty International réclame aussi la suspension des LBD et l’interdiction de plusieurs modèles de grenades. Une pétition parlementaire portée par Attac a, de son côté, dépassé les 150 000 signatures et 50 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, dont plusieurs concernent le mouvement lycéen et les journées de mobilisation des 17, 18, et 24 octobre.
Par rapport au 24 octobre, qu’est-ce qui change ?
Pour cette manifestation à "grands risques", le gouvernement semble vouloir contenir, plus que simplement protéger les cortèges. Pas question de s’approcher des zones commerciales et bâtiments sensibles. L’objectif est d’avoir un contrôle sur les déplacements et de verrouiller au préalable les secteurs jugés à risque.
Le 31 octobre devrait être une version plus « verrouillée » du 24, avec une surveillance renforcée, une intervention plus rapide et une attention particulière portée aux institutions, commerces et axes stratégiques. Si la date coïncide avec Halloween, tout est mis en place pour éviter que la manifestation du 31, ne vire au cauchemar.