Les canicules de l'été 2026, le plus chaud jamais enregistré depuis 1900, ont favorisé une augmentation des noyades en France : 441 personnes ont perdu la vie - en grande majorité des adultes -, avec une hausse marquée des décès dans les piscines et dans les régions sans façade maritime.
Par rapport à l'été dernier, déjà marqué par un nombre de morts important avec 416 décès par noyade, les autorités sanitaires observent une hausse "modérée" des noyades, mais "statistiquement non significative".
Les noyades mortelles en 2026 concernent principalement des adultes (neuf sur dix), mais 61 enfants et adolescents ont aussi perdu la vie, dont 30 âgés entre 13 et 17 ans, selon un décompte de Santé publique France (SpF).
Au total, 1.511 noyades ont eu lieu en France entre le 1er mai et le 31 août, deux noyades sur trois n'ont pas été mortelles car la personne a été secourue - mais elles peuvent être suivies de lourdes séquelles.
La grande majorité des noyades - mortelles ou non - sont survenues pendant les jours de "vigilance canicule", qui ont représenté deux tiers de la période.
L'augmentation est surtout survenue en mai, première période de vigilance canicule de l'année, où 134 noyades ont été recensées, dont 48 mortelles, contre respectivement 67 et 18 sur la même période en 2025.
Dans le détail, 307 noyades dont 103 mortelles ont été recensées pendant la deuxième période de canicule (16 juin au 3 juillet), 345 dont 101 mortelles pendant la troisième (4 au 25 juillet), 343 dont 92 mortelles pendant la quatrième (28 juillet - 21 août), et 80 dont 18 mortelles pour la cinquième (24 au 30 août).
Cette année la surveillance des noyades, en cours jusqu'au 30 septembre, avait démarré un mois plus tôt, dès le 1er mai, pour répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique, avait indiqué SpF.
Des jeunes sautent dans le Bassin des Recollets sur le canal Saint-Martin, le 17 juin 2026 à Paris
JOEL SAGET - AFP/Archives
Chez les adolescents (13-17 ans), environ une noyade sur quatre est mortelle, "possiblement en lien avec une prise de risque plus grande à cet âge, notamment chez les garçons", et celles suivies de décès surviennent principalement en cours d'eau/plan d'eau.
- "Inégalités d'accès" aux lieux sécurisés -
Chez les enfants, le nombre important des noyades mortelles en piscine privée et autres lieux de baignade artificiels aménagés "interroge" sur un manque de barrières ou d'alarmes, "en plus des défauts de surveillance de l’adulte", alerte l'agence sanitaire.
Si la moitié ou plus des noyades mortelles sont survenue en mer dans les régions côtières, le nombre total de noyades "augmente dans les régions de l'intérieur sans façade maritime", en particulier l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l'Île-de-France.
En Île-de-France, le nombre de noyades mortelles a bondi de 28 l'an dernier à 47 en 2026, et de 10 à 18 sur le seul département de la Seine-et-Marne.
Selon SpF, cette augmentation s'explique par les baignades en milieu naturel dans des lieux non aménagés et interdits "particulièrement pendant les périodes de vigilance canicule" et "met probablement en lumière des inégalités d'accès à des lieux de baignade sécurisés".
Cinq noyades mortelles de personnes migrantes ont été remontées (Pas-de-Calais et Mayotte), mais ces décès sont "difficiles à recenser" et leur nombre vraisemblablement sous-estimé, précise l'agence sanitaire.
Celle-ci rappelle que la prévention des noyades relève aussi "de politiques interministérielles" et appelle "en particulier des actions d’aménagement du territoire".
SpF cite notamment l'aménagement de lieux de baignade sécurisés dans les zones qui en sont dépourvues, l'amélioration de l'accès aux lieux sécurisés existants, ainsi que des actions d'éducation, "avec la généralisation de l'apprentissage de la nage".
Par Chloé RABS / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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