Dessinateur humoristique au Parisien et auteur de C’est encore meilleur quand ce n’est pas drôle, Olivier Ranson était l’invité de l’émission Seul contre Tous ce lundi matin sur Sud Radio, une émission centrée sur la liberté d’expression, trois ans après l’attaque meurtrière de Charlie Hebdo.

C’était il y a trois ans, quasiment jour pour jour. Le mois de janvier 2015 reste aujourd’hui gravé dans les mémoires des Français qui se souviennent de la vague d’émotions et de réactions qui avait envahi la France après l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo et qui a causé la mort de plusieurs agents des forces de l’ordre, employés et dessinateurs célèbres du magazine. Invité de l’émission Seul Contre Tous ce lundi, le dessinateur Olivier Ranson est revenu sur les leçons à tirer de ce traumatisme en matière de liberté d’expression.

"Après l’attentat à Charlie Hebdo, il y avait des tas de gens dans mon quartier qui venaient me présenter leurs condoléances et me demander de faire attention. Je leur répondais que ce n’était pas moi qui étais en deuil, mais eux qui avaient perdu quelque chose et qui voyaient leur liberté menacée. Il ne faut pas s’auto-censurer, il faut pouvoir continuer à dire les choses. Il y a des lois pour définir notre liberté d’expression, il ne faut pas avoir peur de blesser des gens. (…) On peut faire de l’humour sur la question juive, sur la Shoah, mais pour ça il faut d’abord connaître et aimer les Juifs. Vous ne pouvez pas vous moquer des gens si vous êtes dans un souci de dénigrement ou d’abaissement. En-dehors de ça, rien n’est interdit", indique-t-il.

"De la part de Plénel, c’est une sorte de mépris racial ou religieux pour ces gens"

Olivier Ranson a également réagi à la récente polémique survenue entre Edwy Plénel, co-fondateur de Mediapart, et Riss, directeur de la publication de Charlie Hebdo. "À titre personnel, total soutien à Riss. Je pense que l’attitude de Plénel par rapport à l’islam est une instrumentalisation, une façon de considérer les musulmans comme de braves indigènes avec une sensibilité un peu plus importante que les autres et qu’il faut les respecter. De la part de Plénel, c’est une sorte de mépris racial ou religieux pour ces gens. En réalité, il faut considérer que les musulmans qui vivent en France parmi nous sont comme nous et ont les mêmes droits. Par conséquent, on peut aussi se moquer d’eux. Quand Plénel dit que Charlie Hebdo déclare la guerre à l’islam, non ! Charlie Hebdo a pointé les turpitudes de Plénel et son indulgence envers Tariq Ramadan", lance-t-il.

Le dessinateur a enfin eu un mot envers certains intellectuels qui instrumentalisent, selon lui, le débat autour de Charlie Hebdo et de la liberté d’expression. "Pour reprendre un slogan de 68, ces gens-là ont dans la bouche un cadavre. Ils utilisent la colère ou une sensibilité non justifiée à des fins personnelles", dénonce-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’émission Seul Contre Tous centrée sur la liberté d’expression

 

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Fred Oberson
- Lundi 15 janvier 2018 à 18:04
La rançon de la connerie !

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