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Municipales à Toulouse : Moudenc - Piquemal, un débat sous tension

A J-4 du second tour des élections municipales à Toulouse, Jean-Luc Moudenc (DVD) et François Piquemal (LFI-PS) se sont affrontés à l'occasion d'un face à face exclusif organisé par Sud Radio et La Dépêche. Une passe d'armes notamment animée par des accusations d'alliance dite de la honte à gauche avec François Briançon (PS) ou de proximité avec l'extrême droite pour le maire sortant. Morceaux choisis.

Jean-Luc Moudenc face à François Piquemal à Toulouse
Jean-Luc Moudenc face à François Piquemal à Toulouse

Piquemal : « Je suis le candidat du nouveau front populaire reconstitué »

De nombreuses voix à gauche se sont élevées après l'accord technique scellé lundi entre le candidat insoumis et la tête de liste du PS, François Briançon, certaines le qualifiant « d'alliance de la honte » ? « Moi depuis lundi matin, je reçois à chaque heure des centaines et des centaines de messages de Toulousaines et de Toulousains, qui nous remercient, François Briançon et son équipe, moi-même, d'avoir fait l'union et de proposer aujourd'hui une alternative qui soit crédible et en mesure de l'emporter face à monsieur Moudenc, la droite qu'il représente, et d'où j'allais dans ce projet que vous avez créé, s'est défendu François Piquemal (qui a recueilli 27,7% des voix au 1er tour des élections municipales). Il y a eu un document commun sur les valeurs qu'on porte, notamment sur la lutte contre les discriminations (…) Sur ma liste, il y a des socialistes, des écologistes, des communistes, des insoumis, des citoyens, des citoyennes. Je suis le candidat du Nouveau Front Populaire et de la gauche dans toutes ses composantes (…) C'est le nouveau front populaire reconstitué. Pour M. Moudenc, c'est un cauchemar, mais pour beaucoup de Toulousains, c'est un espoir. »

Moudenc : « M. Briançon et tous ses amis ont vendu leur âme à la France insoumise »

Un niveau de lecture bien évidemment différent, de la part du candidat divers droite et maire sortant, qui a réalisé 37,33% au 1er tour : « M. Briançon et tous ses amis ont vendu leur âme à la France insoumise. Beaucoup d'électeurs de M. Briançon me disent qu'ils ne voteront pas pour vous. Pourquoi ? Pour une raison très très simple. C'est que le 3 mars, le Bureau national du Parti socialiste a condamné les propos de Jean-Luc Mélenchon, votre mentor, au sujet de l'antisémitisme. Et lorsque vous avez été interrogé ici même, la semaine dernière, vous avez corroboré et approuvé les propos de M. Mélenchon (…) Cela choque beaucoup les Toulousains, Toulousains de droite, de gauche, du centre, ou d'ailleurs. »

Accusé de cautionner l'antisémiste au sein de son parti, François Piquemal – qui en préambule de son intervention a annoncé en cas de victoire vouloir créer une antenne du musée mémorial du terrorisme « contre toutes les discriminations, l'antisémitisme et tous les mécanismes de la haine » - a accusé et demandé à son rival des éclaircissements personnels sur ses "amitiés" présumées : « M. Moudenc, vous avez reçu le syndicat d'extrême-droite l'Uni, dont des membres sont antisémites, font des saluts nazis, des jeux à caractère antisémite (…) Dans son programme, il n'y a pas une seule fois où il y a le mot de la lutte contre l'antisémitisme est mentionné, contrairement au nôtre. »

Piquemal : « M. Moudenc est désormais le candidat de la droite et de l'extrême-droite »

Et d'attaquer bille en tête le candidat divers droite et maire sortant : « J'ai vu que le Rassemblement national faisait corps avec monsieur Moudenc pour qu'il soit réélu. J'ai vu les appels de Reconquête (…) Il est soutenu aujourd'hui par le Rassemblement national. Reconquête appelle à vous soutenir (...) M. Moudenc est désormais le candidat de la droite et de l'extrême-droite : que tout le monde le comprenne bien et que tout le monde comprenne ce qui se joue aujourd'hui (…) Aujourd'hui, M. Moudenc n'arrive pas à dire qu'il refuse le soutien du Rassemblement National et de Reconquête. Il y a donc un candidat de la droite et de l'extrême-droite face à l'union de la gauche. »

Moudenc : « Les Toulousains, moi, je ne les étiquette pas. Je ne fais pas de discrimination, contrairement à vous » 

Un « écran de fumée », selon la maire sortant : « On n'a pas besoin comme vous, de faire des déclarations pour se dédouaner. Les Toulousains nous voient. Les Toulousains me connaissent. Vous essayez de me faire passer pour un homme d'extrême-droite, ce qui est totalement risible, à la différence de vous. Moi, le bulletin que je propose aux Toulousains dimanche prochain, c'est le même que celui que je proposais dimanche dernier. Il n'y a aucun accord avec qui que ce soit. Je m'adresse à tous les Toulousains parce que je suis à leur service. Tous, sans discrimination aucune, sans les classer, sans les distinguer. Je ne fais pas de discrimination contrairement à vous. Les Toulousains, moi, je ne les étiquette pas. »

Piquemal : «  Nous suspendrons le jumelage avec Tel Aviv tant que le droit international ne sera pas respecté par M. Netanyahou »

Parce que le télescopage avec l'actualité international est actuellement incontournable, François Piquemal a annoncé qu'il suspendrait le jumelage avec la ville israélienne de Tel Aviv s'il venait à accéder à la mairie de Toulouse : « comme l'ont fait La Rochelle, Barcelone, Bruxelles et tant d'autres villes dans le monde, oui, nous suspendrons le jumelage avec Tel Aviv tant que le droit international ne sera pas respecté par M. Netanyahou. Et j'espère que nous reprendrons ce jumelage au plus tôt, parce que cela voudra dire qu'il y a la paix au Proche-Orient et que le droit des Palestiniens est respecté (…) Je suis pour que Toulouse retrouve un poids sur la scène nationale et internationale et qu'elle ait une diplomatie pour la paix entre les peuples. »

Moudenc : « Notre objectif n'est pas de faire croire qu'à partir de Toulouse, nous allons régler les problèmes au Proche-Orient »

« Notre objectif à nous, ce n'est pas de s'occuper de la politique internationale ou de faire croire qu'à partir de Toulouse, nous allons régler les problèmes au Proche-Orient, a répliqué Jean-Luc Moudenc. Nous, on s'occupe des Toulousains. On va s'occuper des Toulousains parce que cette élection, elle est municipale, elle n'a pas d'autre nature et c'est la raison pour laquelle nous demeurons dans cette ligne et que nous sommes au service de tous les Toulousains avec une proposition : les valeurs de la France, de la République, de la démocratie et la tradition humaniste toulousaine. »

Et de mettre en avant la méthode qu'il compte impulser une troisième fois (et dernière, comme il l'a assuré) en cas de réelection : « C'est le comportement de LFI qui a nourri une peur et pas uniquement à Toulouse. En contraste, les Toulousains voient bien la manière dont je travaille, de manière sereine, de manière déterminée, pour faire avancer les projets dans tous les quartiers, au service de tous, sans conflictualiser et sans brutaliser le débat municipal. »

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