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Trois gendarmes tués par un forcené en 2020: plaintes pour négligences classées sans suite

La justice a classé sans suite des plaintes déposées par les familles de trois gendarmes tués en 2020 dans le Puy-de-Dôme par un forcené, qui s'est ensuite suicidé, a annoncé mardi le parquet de Cusset.

Philippe DESMAZES - POOL/AFP/Archives

La justice a classé sans suite des plaintes déposées par les familles de trois gendarmes tués en 2020 dans le Puy-de-Dôme par un forcené, qui s'est ensuite suicidé, a annoncé mardi le parquet de Cusset.

Ces plaintes visaient la hiérarchie des trois gendarmes

L'enquête menée par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) n'a "pas mis en évidence de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence", "ni de maladresse, imprudence, d'inattention, de négligence ou de manquement à une obligation de sécurité ou de prudence", a expliqué dans un communiqué Françoise Audran, procureure de Cusset.

Le dossier avait été dépaysé dans le département de l'Allier voisin du Puy-de-Dôme.

"Les infractions d'homicide involontaire et de mise en danger de la vie d'autrui n'étant pas caractérisées", la magistrate a "procédé à un classement sans suite du dossier", lit-on encore.

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020, quatre gendarmes étaient intervenus au domicile d'un couple dans le village de Saint-Just, pour des violences conjugales.

L'homme s'était retranché dans sa maison, très lourdement armé, et avait ouvert le feu sur les militaires venus porter secours à sa compagne. Trois avaient été tués, le quatrième grièvement blessé. Le forcené de 48 ans s'était ensuite suicidé.

La procédure pénale pour homicide s'est éteinte avec la mort de l'auteur mais, en 2022, les familles des gendarmes avaient déposé plainte contre X pour "homicide volontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Des pompiers et des gendarmes dans le village de Saint-Just, le 23 décembre 2020, où trois gendarmes ont été tués tués par un homme armé lors d'une intervention pour violences conjugales

Des pompiers et des gendarmes dans le village de Saint-Just, le 23 décembre 2020, où trois gendarmes ont été tués tués par un homme armé lors d'une intervention pour violences conjugales

OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP/Archives

Leurs avocats considéraient que la hiérarchie des militaires ne leur avait pas relayé -- ou bien partiellement -- que le forcené était lourdement armé, et que la consigne d'attendre le GIGN n'avait pas été donnée.

Soulignant "la qualité des investigations" de l'IGGN, la procureure Audran a reçu les plaignants et leurs avocats mardi "pour les informer de sa décision" de classer sans suite.

"Les familles sont effondrées, elles ont le sentiment que la justice les a lâchées", s'est indigné auprès de l'AFP l'un de leurs avocats, Gilles-Jean Portejoie.

"La procureure a décidé qu'il n'y avait pas de qualification pénale en dépit de deux rapports de l'IGGN extrêmement sévères pour l'institution gendarmerie, accablants même, pointant du doigt de nombreux manquements, dysfonctionnements, retards et comportements parfaitement inadaptés", a assuré l'avocat sans les détailler.

Ses confrères et lui vont déposer pour les trois familles une nouvelle plainte pour homicide involontaire, cette fois "avec constitution de partie civile, entre les mains de la doyenne des juges de Cusset", a annoncé Me Portejoie. "C'est nous qui allons reprendre à notre compte les manquements dénoncés par l'IGGN dans ses deux rapports", a-t-il conclu.

gir/epe/swi

AFP / Lyon (AFP) / © 2026 AFP

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