Plus de 600 exécutions ont été recensées depuis les manifestations des 8 et 9 janvier en Iran. Le chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Ejei, appelle même à les intensifier. Le 30 avril dernier, il a déclaré publiquement que le pouvoir judiciaire appliquerait toutes les peines permises par la loi, « sans tenir compte » des critiques extérieures. Telle est la situation que décrivent les ONG présentes dans le pays. Le régime des mollahs, bien qu'affaibli, se durcit encore.
Battu à mort pour une connexion internet
Le 1er mai, Hossein Alaaldin, un Iranien de 55 ans, a été battu à mort devant sa famille parce qu'il détenait un Starlink, pour établir une connexion internet avec l'extérieur. Sasan Azadvar, karatéka de 21 ans, a lui été exécuté après avoir été arrêté lors d'une manifestation pacifique, selon certaines ONG. Il y a une semaine, la famille d'Amir-Mohammad Shahkarami a reçu son corps sans vie, alors qu'il était porté disparu depuis les manifestations nationales « Lion et Soleil » du 8 janvier. Dans la tête de ce jeune homme de 14 ans, il y avait une blessure par balle. La liste n'est évidemment pas exhaustive.
22 ans de moyenne d'âge
Depuis que les bombardements ont cessé, c'est le quotidien des Iraniens. La moyenne d'âge des victimes est d'environ 22 ans et le régime en place n'a toujours pas digéré le soulèvement populaire de janvier et le vent de démocratie qui a tenté de souffler. Plusieurs condamnés ont par ailleurs subi des procès expéditifs de quelques heures à peine, fondés sur des aveux extorqués sous la torture.
Ces jeunes hommes sont accusés d'espionnage, de collaboration avec Israël ou les États-Unis. Mais aussi, d'inimitié envers Dieu : un chef d'accusation fourre-tout du droit iranien et un moyen pour le régime des mollahs de « justifier » ces exécutions arbitraires.
Des pendaisons quotidiennes
Depuis le début de la guerre, plus de 4 000 personnes ont été arrêtées pour des accusations liées à la sécurité nationale. Avec pour objectif suprême : terroriser la population. Avec cette recrudescence des exécutions, le chef du pouvoir judiciaire adresse un message d'une extrême sévérité envers tous ceux qui souhaiteraient de nouveau descendre dans la rue ou fragiliser le régime. Les pendaisons sont devenues quotidiennes depuis le début du conflit, avec au moins un homme pendu chaque jour. Même affaiblis par la pluie de bombardements américano-israéliens, les mollahs entendent bien continuer à faire régner l'ordre dans leur pays. Par tous les moyens.