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Municipales à Toulouse : un socialiste opposé à l'accord avec LFI claque la porte et s'en explique

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - Au deuxième tour des municipales, à Toulouse, Marc Sztulman, conseiller régional d’Occitanie et colistier PS de Briançon, refuse l'accord technique avec Piquemal et LFI. Il justifie sa décision au micro de Sud Radio.

toulouse municipales
Le socialiste François Briançon (g) et l'insoumis François Piquemal à Toulouse le 16 mars 2026 (Lionel Bonaventure - AFP)

Après l’annonce de l’accord dit "technique" hier à Toulouse entre l'Insoumis François Piquemal et le socialiste François Briançon, Marc Sztulman, colistier de ce dernier au 1er tour des élections municipales et conseiller régional d’Occitanie, a décidé de claquer la porte. Et s'en explique au micro de Sud Radio :

"Je refuse cette compromission aux côtés de membres d’un mouvement dont le chef a laissé entendre que les attentats de mars 2012 relevaient d’un complot "

Pourquoi avoir fait ce choix de claquer la porte et de ne pas participer à cet accord passé entre le LFI Piquemal, qui arrive en tête, et Briançon, le candidat socialiste ? “Je ne me rallie pas à La France insoumise. La politique, ce n’est pas troquer son éthique contre un siège, quand le chemin exige qu’on renonce à ce que l’on est, ce n’est plus un chemin, c’est une déroute. Notre liste est arrivée troisième. Certains de mes colistiers ont fait le choix de se rallier à La France insoumise pour le second tour. Je refuse pour ma part de les suivre. En tant que toulousain, on a demandé des clarifications sur la doctrine officielle de la France insoumise, portée par Jean-Luc Mélenchon, autour des attentats qui ont ensanglanté Toulouse en 2012. Je refuse cette compromission aux côtés de membres d’un mouvement dont le chef a laissé entendre que les attentats de mars 2012 relevaient d’un complot et que le terroriste n’était " qu’un petit personnage sorti du chapeau". Sept personnes sont mortes à Toulouse et à Montauban. Des enfants ont été assassinés devant leur école. Réduire ces crimes à une manipulation, c’est exécuter les victimes une seconde fois. Il a tenu des propos complotistes. Cette doctrine n'a jamais été mise à distance par François Piquemal, qui souhaite être maire de Toulouse."

"Moi, je fais de la politique autour d'un nombre de valeurs"

"Pendant des années, on a demandé des clarifications parce que c'est un point important de l'histoire de Toulouse. Professeur d'histoire, il n'a jamais souhaité amender cette doctrine officielle de la France insoumise. Et quand il écrit un livre sur l'histoire contemporaine de Toulouse, il oublie un évènement. Ce sont les attentats d'Ozar Hatorah. Ce silence, le fait qu'il ne souhaite pas amender cette doctrine officielle de la France insoumise, c'est révélateur. Moi, je fais de la politique autour d'un nombre de valeurs. Là, je ne considérais pas que mes valeurs étaient représentées. je préférais faire un pas de côté, ce qui n'enlève rien à la profonde sympathie que je peux avoir pour mes anciens colistiers. Mais ma présence était incompatible avec les valeurs qui sont les miennes."

"Quand on s’appelle Sztulman, on sait ce que signifient les prononciations ironiques des noms de famille"

"Est-il nécessaire de rappeler qu’il y a quelques mois, l’un des chefs locaux de LFI se vantait aux universités d’été de ce mouvement d’être " pire que les juifs ". La haine des juifs n’est jamais un phénomène isolé : chaque fois qu’une société l’a tolérée, c’est l’ensemble de ses libertés qui a vacillé. Quand on s’appelle Sztulman, on sait ce que signifient les prononciations ironiques des noms de famille. On sait d’où elles viennent. On sait où elles mènent. En tant qu’homme attaché à l’éthique, je constate que la brutalisation du débat public est devenue la marque de fabrique de ce mouvement. On m’opposera qu’ils n’ont jamais été condamnés pour antisémitisme. Jacques Doriot non plus. Pour autant, qui peut nier qu’il l’était ?"

"L’absence de condamnation n’a jamais valu brevet de vertu. La justice a toutefois jugé qu’il était possible de les qualifier de " passionnément antisémites ". On me demandera de croire aux gages qu’ils donnent. L’expérience du Nouveau Front populaire suffit à répondre. Ils s’étaient engagés à la clarté sur l’antisémitisme. Ils se sont vautrés dans l’obscurité. LFI m’accusera sans doute de faire le jeu de la droite. On dira que je suis un bourgeois qui jouit d’un privilège de classe, voire de race. Peu m’importe”.

"Je ne me voyais pas être sur une liste dont la tête de liste n'a jamais fait un pas de côté sur la doctrine officielle de la France insoumise sur l'antisémitisme"

"Si j'avais voulu compter les statistiques, j'aurais fait du commerce. Moi, je fais de la politique, réagit Marc Sztulman, conseiller régional d’Occitanie, sur l'antenne de Sud Radio. J’ai un certain nombre de valeurs, elles sont assez simples. Une de mes valeurs fondamentales, c'est la lutte contre le racisme, l'antisémitisme. Partant de là, je ne me voyais pas être sur une liste dont la tête de liste, je ne parle pas des autres colistiers, dont la tête de liste n'a jamais fait un pas de côté sur la doctrine officielle de la France insoumise sur ce sujet. Je ne sonde pas les âmes, mais je vois qu'il y a une volonté a minima de ne pas dénoncer. Voire dans certaines conditions de jouer sur une ambiguïté qui permet d'alimenter une certaine vision du monde qui est incompatible avec les valeurs que je défends."

"On verra ce qu'Olivier Faure dit la semaine prochaine. Je n’ai pas de leçon à recevoir en matière de socialisme"

"Je ne blâme personne dans cette cette affaire, c'est une question personnelle, c'est une question d'engagement personnel. Moi je me suis engagé sur des valeurs personnelles." Regrette-t-il que, finalement, il n'y ait pas eu plus de fermeté aussi haut niveau national de la part d'Olivier Faure ? "La semaine dernière, c'était très clair. Cette semaine, c'est peut-être un peu moins clair. On verra ce qu'il dit la semaine prochaine. Je n’ai pas de leçon à recevoir en matière de socialisme. Moi j'ai été candidat plusieurs fois contre Jean-Luc Moudenc ou ses équipes. J'ai toujours défendu les mêmes valeurs, ce n'est surprenant pour personne que je défende cette question-là. À un moment donné, on ne peut pas être enfermé en politique dans un jeu mortifère qui consiste à dire il y a deux côtés de la barricade, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, et soit vous êtes de mon côté, soit vous êtes d'affreux fascistes. Voilà moi je pense que la politique c'est aussi de la complexité. Si on n'est pas légèrement nuancé, eh bien on passe à côté du sujet principal."

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