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"Il faut mettre un coup de pied dans la fourmilière" : sur les traces de la percée du RN à Marseille aux municipales

Par Lionel Maillet et

REPORTAGE SUD RADIO - À la Valentine, les scores au 1er tour du Rassemblement national atteignent des niveaux inédits. Entre colère, désillusion et volonté de rupture, reportage dans un quartier où le vote RN s’impose désormais comme une évidence pour une partie des habitants.

Marseille
Marseille

Dimanche dernier, plus d'un Marseillais sur 3 a voté pour le Rassemblement National lors du 1er tour des élections municipales, faisant de Franck Allisio le deuxième homme de ce scrutin du côté de la cité phocéenne, 1,5 point derrière le maire sortant Benoît Payan à la tête de la liste d'union de la gauche

Plus impressionnant encore, certains quartiers ont porté le parti à la flamme à des taux records, notamment dans le Quartier Valentine, où les scores montent à 62%

"Il faut un changement de route"

Sur place, cette percée ne surprend pas. "Je ne suis pas du tout surprise", lâche une riveraine, qui évoque sans détour "l’état de saleté" du quartier. Pour elle, le vote RN traduit avant tout un besoin de rupture : "Il faut un changement de route. Un coup de pied dans la fourmilière, c’est tout."

La dynamique est particulièrement marquée dans l’est marseillais, des territoires historiquement ancrés à droite. De nombreux électeurs y ont changé de camp ces dernières années. "Je votais Gaudin", raconte Joël. "Là, je suis pour le RN. Pas forcément pour les présidentielles, mais pour Marseille, je pense que c’est nécessaire."

"Avant, je votais à gauche"

Plus surprenant encore, cette bascule touche aussi une partie de l’électorat de gauche. "Moi, personnellement, c’était la gauche, mais plus du tout maintenant", confie une habitante, qui dit voter "surtout contre Payan". Elle dénonce un manque d’action concrète : "On travaille dans les écoles, il n’a rien fait. Franchement, il y a autre chose à faire, la propreté, la sécurité…"

À l’approche du second tour, les lignes restent toutefois mouvantes. Malgré leur déception, certains électeurs de gauche envisagent finalement de soutenir le maire sortant, au nom du barrage. "Je vais voter Payan, à contre-cœur", reconnaît l’un d’eux. "Je suis contre les extrémistes, donc j’irai voter, et puis on verra bien."

Si le parti de Franck Allisio ne semble pas en mesure de conquérir la mairie centrale, il pourrait néanmoins réaliser une percée significative à l’échelle locale. Plusieurs mairies de secteur apparaissent à sa portée, preuve d’un ancrage qui, dans certains quartiers de Marseille, s’installe désormais dans la durée.

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