"Des accords et des désaccords qui fracturent la gauche. Le Parti socialiste, en pactisant avec la France insoumise dans un grand nombre de villes en vue du 2e tour des élections municipales, n’est-il pas en train de perdre son âme ? Comment justifier le double langage permanent d’Olivier Faure, le patron du PS, qui d’une main fait mine de fermer la porte à Jean-Luc Mélenchon en l’accusant de propos antisémites et de l’autre ouvre grand les fenêtres à toutes les fusions-compromissions avec ses rivaux insoumis ?"
"De quoi le PS a-t-il donc peur ?"
"Olivier Faure qui va jusqu’à retirer l’investiture à Catherine Trautmann, figure historique du PS, arrivée en tête à Strasbourg, qui a osé accepter le soutien d’Horizons, en réponse à l’alliance entre la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian et la France Insoumise. Le Premier secrétaire n’aurait-il pas pu régler l’affaire au plus haut niveau avec son alliée chez les Verts Marine Tondelier ? Les dirigeants nationaux sont-ils devenus cyniques ? Ont-ils tout simplement perdu le contrôle ? Ou bien les deux. Les insultes, les humiliations, la violence du discours n’y font rien : le PS se précipite dans les bras de LFI de peur d’être mangé tout cru. Et pourtant, la France Insoumise, en recul à ce 1er tour des municipales, par rapport aux scrutins précédents, reste un poids plume à côté d’un Parti socialiste et alliés qui rassemble dix fois plus d’électeurs. Sauf dans les quartiers"
"De quoi le PS a-t-il donc peur ? Sans doute est-il toujours traversé par cette ligne de fracture amorcée du temps des frondeurs : pour une bonne partie de ses militants, l’extrême-gauche pro-gaza est tout à fait fréquentable. Et les accords de fusion avec LFI sont acceptables. La même faille divise la droite. Le vote de dimanche soir racontera la nouvelle tectonique des plaques électorales. Avec deux continents qui s’affrontent, RN et LFI. Et plus rien ou presque entre les deux. Sauf un pays réel, majoritaire, invisible, effrayé par les extrêmes, mais qui reste pour l’instant silencieux"
Retrouvez l'édito de Jean-François Achilli à partir de 9h05 du lundi au jeudi dans La Vérité en Face.