Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les frappes se multiplient contre des installations énergétiques. Dans la nuit, le site de Ras Laffan au Qatar, plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde, a été « considérablement » endommagé par des frappes iraniennes, provoquant d’importants incendies.
Cette attaque répond à des frappes israéliennes sur le champ gazier de South Pars, en Iran, qui fournit environ 70 % du gaz consommé dans le pays. Ce gisement offshore, partagé avec le Qatar, représente à lui seul près de 10 % des réserves mondiales connues de gaz naturel.
Des sites pétroliers et gaziers plus que jamais ciblés
D’autres infrastructures majeures ont également été visées. En Iran, l’île de Kharg, par où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays, a été ciblée. Aux Émirats arabes unis, la raffinerie de Ruwais, l’une des plus grandes au monde, a suspendu ses activités par précaution après une attaque de drone. En Arabie saoudite, le site de Ras Tanura, pilier de la production pétrolière du royaume, a lui aussi été touché.
Au Koweït, les raffineries de Mina Abdullah et Mina Al-Ahmadi ont été frappées, tandis que des incidents maritimes se multiplient dans le Golfe, notamment autour du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux.
⛽ Hausse du prix de l'essence
— Sud Radio (@SudRadio) March 19, 2026
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Gaz : de 31€ à 70€ le Mwh !
L’Europe, déjà fragilisée par la recomposition de ses approvisionnements, subit de plein fouet cette nouvelle crise. Le prix du gaz sur le marché de référence TTF a atteint environ 70 € le MWh, contre 31 € avant le conflit.
Cette hausse est en grande partie liée à la concurrence accrue sur le marché mondial. Les pays asiatiques, très dépendants du gaz du Golfe, pourraient chercher à sécuriser leurs importations ailleurs, notamment aux États-Unis, créant une pression supplémentaire sur les prix.
De + 6 à + 30%
Les conséquences sur les marchés ont été immédiates. Le prix du Brent s’est envolé de plus de 6 % pour dépasser les 114 dollars par baril, tandis que le gaz européen a bondi de plus de 30 % en quelques heures.
Les marchés financiers ont également réagi : les principales Bourses européennes ont ouvert en baisse. Comme l’a souligné Theresa Fallon, analyste du centre CREAS, cette escalade pourrait avoir des répercussions économiques « pendant des années ». Cette volatilité s’explique par l’anticipation d’une réduction de l’offre. Même si les flux ne sont pas immédiatement interrompus, les attaques sur des infrastructures aussi stratégiques suffit à faire grimper les prix.
+ 15% sur les factures du gaz ?
Cette tension sur les marchés se répercute rapidement sur les factures. En France, les estimations évoquent notamment une hausse pouvant atteindre jusqu’à 15 % des tarifs du gaz dès le mois de mai. Les foyers chauffés au gaz sont les plus exposés, avec une facture annuelle capable de dépasser 1 700 euros.
Une augmentation qui s’explique par le fonctionnement du marché : environ 80 % des coûts d’approvisionnement sont indexés sur les prix observés les mois précédents. Ainsi, les tensions actuelles devraient continuer à peser sur les factures dans les mois à venir, même en cas d’accalmie.