Emmanuel Macron a martelé mardi qu'il était hors de question pour la France de s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel" de "bombardements" mais qu'une fois la situation redevenue "plus calme", elle pourrait participer à des "escortes" de navires dans ce passage stratégique pour l'économie mondiale.
"Nous ne sommes pas partie prenante au conflit et donc jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel", a déclaré le président français, opposant une fin de non-recevoir à Donald Trump, au début d'un conseil de défense à l'Elysée.
Le président américain a insisté lundi pour que les alliés des Etats-Unis, notamment les grandes puissances européennes, surmontent leurs réticences manifestes à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran. Tout comme Paris, Londres et Berlin se sont aussi montrés plus que réservés.
"Par contre, nous sommes convaincus qu'une fois la situation plus calme (..) c'est-à-dire une fois que le cœur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité d'un système d'escorte" de pétroliers et porte-conteneurs dans le détroit par des bâtiments militaires, a ajouté Emmanuel Macron.
"Ce travail supposera des discussions, une +déconfliction+ (procédures de communication et d'échange d'informations pour éviter des dérapages, ndlr) avec l'Iran parce que, en aucun cas, ce ne peut être une opération de vive force", a encore insisté le chef de l'Etat qui a déjà évoqué une telle initiative le 9 mars à Chypre.
Cette mission, qui sera à "bâtir dans les jours et les semaines à venir", "doit donc être pleinement distincte des opérations de guerre qui sont en cours et des bombardements en cours", a-t-il encore dit.
Des échanges ont déjà eu lieu en ce sens avec "l'Inde et plusieurs autres partenaires européens ou de la région", a-t-il ajouté, en se disant aussi opposé à l'idée d'étendre l'opération européenne Aspides mise en place en mer Rouge au détroit d'Ormuz. "Ce cadre ne doit pas être étendu à d'autres opérations", a-t-il dit.
Les chefs de la diplomatie de l'UE, réunis lundi à Bruxelles, ont écarté l'idée d'envoyer dans le détroit d'Ormuz la mission européenne de protection du trafic maritime Aspides en mer Rouge.
Cette mission navale de l'UE est composée de trois navires militaires. Pour la faire intervenir dans le détroit d'Ormuz, il serait nécessaire de modifier le mandat de cette opération, conçue à l'origine pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l'Iran, en mer Rouge.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP