single.php

Le futur porte-avions s'appellera "France Libre"

"Puissance, indépendance, résistance": le porte-avions français, symbole de souveraineté, qui succèdera en 2038 au Charles de Gaulle s'appellera "France Libre", en hommage à "l'esprit français" de "résistance" incarné par le général, a dévoilé mercredi Emmanuel Macron.

NICOLAS TUCAT - AFP/Archives

"Puissance, indépendance, résistance": le porte-avions français, symbole de souveraineté, qui succèdera en 2038 au Charles de Gaulle s'appellera "France Libre", en hommage à "l'esprit français" de "résistance" incarné par le général, a dévoilé mercredi Emmanuel Macron.

"Pour lui, pour nous, l'esprit français, c'est un esprit de résistance. C'est une volonté que rien n'arrête. Volonté de résister pour demeurer libre. Volonté irréductible, invincible", a déclaré le chef de l'Etat en référence à la résistance à l'Occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale.

"Cette volonté de rester libre, c'est celle de l'indépendance coûte que coûte", y compris "industrielle, technologique et d'innovation militaire", a-t-il ajouté sur le site de construction des chaufferies nucléaires du futur fleuron de la Marine à Indre, près de Nantes (Loire-Atlantique).

"Pour rester libres, il nous faut être craints. Pour être craints, il nous faut être puissants", a-t-il martelé au côté de la maquette du futur géant des mers, alors que la France s'apprête à doubler son budget militaire en dix ans.

Le président français a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Restait à lui donner un nom pour marquer l'étape du début de la construction.

Le chef de l'Etat a opté pour un choix inédit, les derniers porte-avions ayant tous porté des grands noms de l'histoire politique et militaire française, Charles de Gaulle, Georges Clemenceau ou le maréchal Foch.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs.

- Indépendance européenne -

"Il sera de 310 mètres de long. Il déplacera 80.000 tonnes. Il disposera de deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles de Gaulle. Ces chiffres disent la dimension de l'ambition qui est la nôtre", a pointé Emmanuel Macron.

Le Charles de Gaulle, à bord duquel le chef de l'Etat s'est rendu le 9 mars, est actuellement déployé en Méditerranée orientale pour faire face aux menaces d'extension du conflit qui fait rage.

Ce nouveau chantier ambitieux s'inscrit dans l'effort continu de défense et souveraineté porté par le président français, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire, qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde ont des bâtiments à propulsion classique et les autres (Royaume-Uni, Italie...) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical, moins performants.

Emmanuel Macron, qui a présidé mercredi un Conseil de défense sur le sujet, a aussi réitiré son appel à adopter d'ici au 14 juillet la rallonge budgétaire à la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d'euros.

Il réclame 36 mds d'euros de plus d'ici 2030 pour les armées, dont une rallonge de 3,5 mds dès cette année et une autre de 3 mds l'an prochain.

Cette indépendance doit aussi être européenne, avec "une Europe qui produit", "finance de la défense" et une "vraie préférence européenne", a-t-il insisté, là où nombre de pays de l'UE achètent encore largement américain.

"Nous devons aussi mobiliser plus de financements privés et d’épargne de nos compatriotes", a-t-il insisté.

- "Plus vite et en masse" -

Emmanuel Macron a aussi sommé une nouvelle fois les industriels de la défense de "prendre davantage de risques" et d'investir sans attendre "la signature de la commande".

Face au dérèglement du monde et à la multiplication des théâtres d'opérations, de l'Ukraine au Moyen-Orient, "nous devons aujourd'hui aller plus vite et plus fort, il nous faut continuer de nous démultplier", a-t-il insisté en appelant à "produire plus vite en masse".

Le futur porte-avions sera capable de catapulter et récupérer des avions en même temps, un gain considérable "en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

Le porte-avions français Charles-de-Gaulle, le 5 juin 2021 à Toulon

Le porte-avions français Charles-de-Gaulle, le 5 juin 2021 à Toulon

NICOLAS TUCAT - AFP/Archives

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces exacerbés.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions du futur, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Sa construction va mobiliser plus de 200 métiers industriels différents et plus de 800 entreprises, a souligné le chef de l'Etat.

Par Valérie LEROUX / Indre (France) (AFP) / © 2026 AFP

L'info en continu
20H
19H
18H
17H
16H
15H
13H
Revenir
au direct

À Suivre
/