Des meetings un peu partout, une cinquantaine de débats télévisés d'ici mercredi soir... les candidats aux municipales se démènent dans cette dernière semaine de campagne avant le premier tour, avec parfois le renfort de leaders nationaux comme Jean-Luc Mélenchon à Paris.
Dans la capitale, faute de débat télévisé -refusé par la LR Rachida Dati qui ne veut pas "s'exposer à un pugilat"- les candidats s'affrontent à distance.
La LFI Sophia Chikirou, qui pourrait compliquer les ambitions du socialiste Emmanuel Grégoire en franchissant le seuil des 10% pour se maintenir au second tour, sera en meeting lundi soir à la Mutualité dans le Ve arrondissement avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon.
A la même heure, la candidate d'extrême droite Sarah Knafo tiendra meeting au Dôme de Paris dans le XVe. Forte de sa percée dans les sondages - entre 11 et 13,5% - Sarah Knafo fait pression sur Rachida Dati pour une fusion de leurs listes au second tour. "Sans union, la droite perd", répète-t-elle dans un entretien au Figaro.
Une alliance rejetée par Rachida Dati. La candidate LR, agacée par le refus de Pierre-Yves Bournazel (Horizons) - donné autour de 11-12% - de faire alliance avec elle au second tour, a déclaré sur Franceinfo que sa liste "est un rassemblement de toutes les sensibilités, de la droite la plus affirmée au centre".
Outre Jean-Luc Mélenchon, d'autres leaders de gauche iront lundi soutenir des candidats.
Le patron du PS Olivier Faure, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier et le député ex-Insoumis François Ruffin (Debout !), se retrouvent à Amiens auprès du candidat de l'union de la gauche Frédéric Fauvet (PS), qui espère ravir la mairie au centriste sortant Hubert de Jenlis.
Signe de l'intensification de la campagne, France Télévisions a annoncé qu'une cinquantaine de débats se dérouleraient sur ses antennes locales d'ici mercredi soir.
- Les enjeux locaux prédominants -
Un cycliste passe devant un panneau électoral avec les candidats à la mairie de Paris, le 7 mars 2026, à Paris
JOEL SAGET - AFP
Même si la campagne est un peu éclipsée au niveau national par la guerre au Moyen-Orient, toutes les enquêtes confirment un fort intérêt local, avec une participation électorale anticipée à 63% par l'institut OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique.
Cela constituerait un bond de 20 points par rapport à 2020, année marquée par le Covid, où les personnes âgées, qui votent plus à droite, étaient massivement restées chez elles.
En dépit des tentatives de certains partis, comme le RN ou LFI, de nationaliser le débat pour installer le match de la présidentielle de 2027, les enquêtes confirment également la prédominance de l'enjeu local.
Selon une enquête Ipsos-BVA-Cesi pour le Cevipof, la fondation Jean-Jaurès et le Monde, 76% des personnes interrogées disent se déterminer sur des enjeux locaux plutôt que nationaux et 61% souhaitent la reconduction de leur maire.
Au niveau national, le seul débat vif, avec en toile de fond la présidentielle, est celui des alliances du second tour, entre LFI et les autres partis de gauche d'un côté et le RN et LR de l'autre.
Sur BFMTV/RMC, le président du RN Jordan Bardella a ainsi déclaré ne pas exclure des alliances avec Les Républicains pour "faire barrage à des candidats incendiaires de LFI" en position de l'emporter.
Le seuil de 10% des voix est celui qui sera scruté au soir du premier tour, dimanche. Il permet à une liste de se maintenir pour le second tour le 22 mars. A partir de 5%, la fusion est possible.
Selon l'enquête Ipsos-BVA-Cesi, 38% des sympathisants de droite et d'extrême droite sont favorables à une fusion des listes quel que soit le résultat du premier tour, 21% de plus pour contrer une liste de gauche et 20% encore pour contrer une liste LFI.
Parallèlement, 36% des sympathisants de gauche se disent favorables à une fusion des listes de gauche quelle que soit la configuration et 33% de plus seulement pour éviter la victoire d'une liste d'extrême droite ou de droite.
Par Fabrice RANDOUX / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP