éditorial

L'édito de Christophe Bordet

Christophe Bordet ©Anthony Ghnassia
Société

Les langues régionales, nouvelles victimes de la réforme de la carte scolaire

Les langues régionales bientôt menacées ? (©FRED TANNEAU - AFP)

Les fermetures de classes décidée par le gouvernement dans le cadre de la nouvelle carte scolaire continue de faire des vagues. À Nice, la mairie se bat désormais pour préserver les langues régionales, le maire Christian Estrosi saisissant même le ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

"Parce que je suis très attaché à notre patrimoine et à notre culture, je souhaite que les langues régionales soient transmises aux générations futures, et je ne peux tolérer cette situation alarmante dans notre académie, alors que les textes prévoient l'enseignement de ces langues". Voilà, en substance, ce qu’écrit le maire de Nice aux plus hautes autorités de l'État. L'inquiétude est grande : l'enseignement du niçois est en train de disparaître. Entre 2014 et la rentrée 2017, on est passé de 52 à 34 classes. Paradoxalement, la demande de cours de niçois ne cesse de progresser dans les établissements où la matière est enseignée.

Chaque année, 300 élèves de terminale de l'académie de Nice passent une langue régionale, le niçois ou le provençal, en option au bac. Preuve que ça marche ! Oui mais voilà, avec la nouvelle carte scolaire et la diminution du nombre d'enseignants, le niçois devient la variable d'ajustement. C'est du moins le sentiment de bon nombre d'enseignants et de parents d'élève de l'académie.

Nice n’est pas la seule concernée par la fermeture des classes de langues régionales. L'Occitanie par exemple n’y échappe pas. Exemple : le village de Sarrancolin dans les Hautes-Pyrénées. Là-bas, le maire a reçu un coup de fil lapidaire de l'inspection académique. Fermeture d'un poste d'enseignant à l'école primaire, comme par hasard le poste d'occitan. Les classes bilingues occitanes comptent pourtant 37 élèves, seule école du genre dans la vallée. Rien à faire, pas de discussion, la décision vient d'en-haut… À Châteaubriant (Loire-Atlantique), refus de l'ouverture d'une classe français-breton en primaire, alors que 15 enfants étaient déjà pré-inscrits. Etc, etc.

Rappelons-le, la loi de refondation de l'école déclare que "l'enseignement bilingue doit être favorisé prioritairement dès la maternelle", notamment "en langues régionales". Une loi qui ne fait pas le poids semble-t-il face aux économies de postes et de classes décidées à Paris…

Réécoutez en podcast l’édito de Christophe Bordet dans le Grand Matin Sud Radio

 

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