La situation au CHU de Toulouse, comme dans bon nombre d'hôpitaux publics du pays, est intenable et les grèves se multiplient pour dénoncer la dégradation des conditions de travail. Reportage sur place.

L'hôpital public va mal ! En cette fin d'année, le déficit devrait ainsi atteindre le chiffre "historique" d'un milliard et demi d'euros et les répercussions sur la qualité des soins inquiètent fatalement la Fédération Hospitalière de France, qui tire la sonnette d'alarme. Si la ministre de la Santé Agnès Buzyn a écarté ce mardi l’idée d'imposer des cadences de travail plus élevées, les personnels soignants ne décolèrent pas et les grèves se multiplient

"La qualité des soins des patients se dégrade fortement"

C'est le cas notamment au CHU de Toulouse (Haute-Garonne), l'un des plus grands hôpitaux du pays avec une capacité de 3 000 lits, où la grogne ne faiblit pas. Au cœur de cet établissement, certains services sont en effet en grève depuis plus de deux mois, et une revendication revient souvent sur le tapis lorsqu'il s'agit d'évoquer la réduction du déficit : la suppression de la taxe sur les salaires des agents hospitaliers. Au micro de Sud Radio, Julien Terrier (secrétaire de la CGT au sein du CHU) s'explique : "L'Hôpital paie des impôts, il faut que les Français le sachent ! Et ce qu'il faut comprendre, c'est qu'à l'échelle nationale, cela fait 3,5 milliards d'euros... On pourrait créer 78 000 emplois s'il n'y avait pas cette taxe", indique-t-il ainsi. 

Comme les années précédentes, le CHU finira l'exercice 2017 dans le rouge en dépit des restructurations et autres plans d'économie. Une situation complexe qui a indirectement engendré l'apparition de nouveaux modes de financement, pas toujours très bien accueillis par les patients. Ainsi, certains agents rencontrés sur place dénoncent avec fermeté la décision d'instaurer un système de stationnements payants pour les usagers. L'un de ces agents, Gilles Quercy, considère cette décision comme "une honte", déplorant le fait que, désormais, "même pour venir se faire soigner, il faut payer le parking". De son côté, Pauline Salingue (Déléguée CGT et membre du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), fait part du ras-le-bol des effectifs, justifiant le mouvement de grève auquel son service de pédopsychiatrie vient tout juste de se joindre. "Le personnel est à bout et si on se mobilise ici, c'est pour nos conditions de travail mais aussi pour la qualité de soins des patients qui aujourd'hui se dégrade fortement", affirme-t-elle, ajoutant que des "courriers de soutien" sont par ailleurs adressés aux grévistes de l'hôpital.

Autant de témoignages qui traduisent le mal-être persistant des personnels soignant et l'urgence de la situation.

Propos recueillis par Christine Bouillot.

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