Agnès Buzyn : "Il n'y a pas eu de fautes dans la procédure de changement du Levothyrox"

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce mardi. Levothyrox, hôpital public et réforme des retraites étaient notamment au programme.

Le soufflé n’est toujours pas retombé parmi les patients consommant du Levothyrox et réclamant le retour de l’ancienne formule du médicament produit par le laboratoire Merck. Alors que l’ancien médicament ne devrait plus circuler en France d’ici un an, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn était l’invitée du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour réagir officiellement. "Dès que j’ai appris l’existence de personnes qui étaient très mal avec la nouvelle formule du Levothyrox, j’ai très rapidement cherché à diversifier l’offre de façon à ce que chacun trouve le bon produit, en faisant notamment revenir l’ancienne formule. Il faut savoir que cette ancienne formule ne sera plus produite, même pour les autres produits européens, d’ici la fin de l’année 2018. On a fait revenir en France des stocks prévus pour d’autres pays (300 000 boîtes depuis cet été). J’ai réussi à obtenir du laboratoire Merck une prolongation de l’arrivée de ces stocks pendant toute l’année 2018, ce qui permettra aux médecins de prescrire à leurs patients d’autres médicaments. Parmi les cinq produits existant sur le marché, les personnes ont un an pour trouver celui qui leur convient le mieux", annonce-t-elle.

"Un défaut de communication de la part de Merck"

Pour la ministre, le système d’information autour des médicaments doit changer. "Il y a eu un défaut de communication de la part de Merck, puisque personne ne savait que la formule avait changé parmi les patients. Mais notre système n’est pas prévu pour informer les patients. Il prévoit qu’on informe les médecins et les pharmaciens, et eux préviennent en suite leurs patients. C’est organisé comme ça. C’est clairement un défaut du système, j’ai donc laissé une mission sur l’information des patients pour voir comment nous pouvons, à l’avenir, éviter ces défauts", indique-t-elle avant de refuser de se prononcer pour ou contre les patients réclamant aujourd’hui des indemnités. "Je ne vais pas commenter une affaire judiciaire en cours, mais tout ce que je peux dire, c’est que dans la procédure de changement du Levothyrox, il n’y a pas eu de fautes. L’Agence du médicament a demandé à Merck en 2015 de changer sa formule car elle était instable, et le laboratoire s’est soumis à la pression des autorités françaises pour changer cette formule. La nouvelle est meilleure, et d’ailleurs parmi les 3 millions de personnes qui prennent du Levothyrox, la grande majorité se sentent très bien avec la nouvelle formule. Pour les autres, j’ai diversifié l’offre et il y a maintenant cinq produits disponibles sur le marché", assure-t-elle.

"On ne peut pas baisser les effectifs de soignants"

Autre grand dossier trônant sur le bureau d’Agnès Buzyn : la réforme de l’hôpital. Alors que le contexte social et budgétaire des hôpitaux publics français est aujourd’hui plus que tendu, l’hématologue de profession a conscience de l’ampleur de la tâche. "La construction-même du financement des hôpitaux depuis quelques années a progressivement entraîné des dérives puisqu’on leur a demandé d’être rentables. Il y a une différence entre avoir une très bonne gestion financière d’un établissement et chercher à avoir des activités rentables. L’hôpital a une mission de service public. Il doit accueillir de façon universelle, il doit former, il doit faire de la recherche, il doit être un centre de recours. Aujourd’hui, la tarification des hôpitaux n’est plus en adéquation avec la valeur ajoutée. Il faut donc réformer le financement de notre système de santé. On ne reviendra pas sur la dotation globale parce que ça permet à chacun de garder ses sous sans forcément beaucoup travailler, mais aujourd’hui je pense que le système est pervers. C’est parce que je connaissais cette situation de l’intérieur depuis des années que j’ai accepté ce poste de ministre", rappelle-t-elle.

"La masse salariale a augmenté de façon mécanique ces dernières années puisqu’on a revalorisé le point d’indice de la fonction publique hospitalière tout en faisant ce qu’on appelle le PPCR (réforme impliquant une augmentation mécanique de la part qu’on verse au salaire). La masse salariale augmente donc alors que l’activité des hôpitaux baisse. Il y a un effet ciseau qui fait que nos hôpitaux sont aujourd’hui dans le rouge, mais pour autant je pense qu’on ne peut pas baisser les effectifs de soignants. Ces équipes sont sous une énorme tension, et on ne peut pas leur imposer un rythme d’activité encore plus élevé", ajoute-t-elle.

"La réforme des retraites, un enjeu de cohésion intergénérationnelle"

Enfin, la ministre s’est également exprimée sur la réforme à venir des retraites, le prochain grand chantier social du quinquennat d’Emmanuel Macron. Une réforme qu’elle pilotera elle-même. "La réforme venait d’un constat : les Français perdaient confiance dans leur capacité à payer les retraites, avec des jeunes qui pensent aujourd’hui qu’ils ne seront pas assurés d’avoir une retraite comme nous l’avons ou comme nous l’aurons. C’était donc un enjeu de cohésion intergénérationnelle. Maintenant que je regarde le sujet de très près, je me rends compte à quel point le système est incompréhensible et illisible. Si vous êtes une infirmière qui a travaillé 20 ans dans le privé et 20 ans à l’hôpital, vous n’aurez pas la même retraite selon que vous ayez commencé par le public ou par le privé. C’est une question d’équité", assure-t-elle.

Retrouvez en podcast toute l’interview d’Agnès Buzyn dans le Grand Matin Sud Radio

 

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Vos réactions sur cet article

Macquart joelle
- Mardi 19 décembre 2017 à 20:47
Je ne crois pas aux mensonges de Mme Bazin
Elle m' volé 8 mois de ma vie, qui va me rembourser..
cobaye
- Mercredi 20 décembre 2017 à 06:11
Un défaut de communication qui rend les gens malades !
Pas besoin d'avoir fait de grandes études pour voir qu'il y a un truc qui cloche !
blabla
- Mercredi 20 décembre 2017 à 06:32
S'il n'y a pas de fautes dans la procédure de changement du lévothyrox,
Où est la faute ? Car faute il y a !
ane
- Mercredi 20 décembre 2017 à 06:42
Est-ce que la ministre de la santé comprend ce que veut dire la mention : "NON SUBSTITUABLE" ?
COBAYE BIS
- Mercredi 20 décembre 2017 à 11:03
Quand vous aurez mis assez d'argent dans vos petites poches peut être l'ancienne formule reviendra pour enfin soigner les petites gens
annie romano
- Mercredi 20 décembre 2017 à 14:04
c'est une honte d'entendre cela !!!!soi-disant l'ancien levothyrox que j'utilisait depuis 20 ans n'était pas bon !!!!!!!si cela avait été le cas il est inquietant de savoir que leur reaction a été si lente . rien a faire des malades !!!!!il faut de l'argent ,on taxe les retraites et maintenant on "SOIGNE"au rabais les malades ;il faut financer les EXIGENCES de nos gouvernants
cobaye ter
- Mercredi 20 décembre 2017 à 15:18
Donnez-nous des chiffres au lieu de répandre de fausses informations.

Combien de personnes étaient intolérantes à l'ancienne formule ? (depuis 30 ans)

Combien de personnes sont malades comme des chiens avec la nouvelle formule ? (facile à voir auprès de la CPAM qui enregistre des frais médicaux chez différents spécialistes, des frais d'analyses à tour de bras, pour des personnes qui ne faisaient pas tous ces examens avant la prise du nouveau lévothyrox)

Combien de personnes s'approvisionnent à l'étranger ? (facile à voir auprès de la CPAM qui ne comptabilise plus de remboursement de lévothyrox sur des dossiers où elle est censée enregistrer ces dépenses)

Combien faut-il de déclarations d'effets indésirables avant que le signal rouge s'allume ?

Quel est le quota ? 100 000 , 200 000, 300 000 , 400 000, 500 000 , 600 000 ... 1 million

Avez-vous pensé à analyser ce produit plus que douteux ?
Si oui merci de nous communiquer le résultat

Avez-vous pensé à demander au laboratoire une petite contribution pour dédommager la CPAM ?

Suis-je bête c'est l'ANSM qui a demandé ce changement paraît-il ?

Arrêtez-moi si je me trompe. L'EUROPE va être inondée de ce produit qui rend malade grâce à l'ANSM française qui a demandé ce changement pour une histoire de stabilité du médicament parce qu' au bout de 30 ans elle s'est rendue compte qu'il n'était pas stable.
En conclusion c'est l'ANSM qui dirige l'EUROPE.

Combien de pilules de ce genre comptez-vous encore nous faire avaler ?








Dom Dom
- Mercredi 20 décembre 2017 à 17:49
Madame la ministre, vous annoncez que 5 médicaments à base de thyroxine sont désormais disponibles... Les pharmacies sont vides. Rupture. Non approvisionnées. Nous, les malades, on fait comment lorsqu'on n'a plus de thyroïde et qu'on ne veut plus prendre le médicament qui nous rend malade?
cobaye
- Mercredi 20 décembre 2017 à 18:43
"la grande majorité se sentent très bien avec la nouvelle formule. "


Vous taisez le nombre de malades mais vous savez qu'une grande majorité ne l'est pas.
Toutes ces paroles vaines ! . . .

Et arrêtez de dire qu'il y a cinq produits sur le marché !



couviaux
- Mercredi 20 décembre 2017 à 21:05
on nous donne des génériques alors que je doit prendre levothyrox ancienne formules avec du lactose la prise des sang va etre belle
irene
- Mercredi 20 décembre 2017 à 21:11
Madame la ministre,
Vous qui avez de bons rapports avec les laboratoires,
pourquoi n'exigez-vous pas qu'ils produisent l'ancienne formule ?
Le nombre de malades est peut-être insuffisant ?


sos
- Mercredi 20 décembre 2017 à 21:25
madame,

Quelles sont vos desseins ?
On ne comprend plus rien !
Maintenant que vous êtes au courant des problèmes,
qu'attendez-vous pour secourir les gens ?

gilbert
- Jeudi 21 décembre 2017 à 05:54
A quand la fin de cette mascarade ?

Depuis des mois vous ne cessez de dire que "la nouvelle formule est meilleure".

Parallèlement, des personnes (un nombre encore inconnu) sont malades avec ce fameux médicament.

Ce médicament est meilleur pour la santé des patients ? ou pour la santé finançière Merck ?


victime
- Jeudi 21 décembre 2017 à 06:49
Ma santé est flinguée avec ce maudit lévothyrox !
Redonnez-nous notre ancienne formule !
Je ne veux pas continuer à servir de cobaye avec tous ces génériques
qui semblent tous plus farfelus les uns que les autres !
L' ANSM il y a quelque temps préconisait de ne pas substituer le lévothyrox (à juste titre)
et aujourd'hui c'est tout le contraire qui se passe !
Et on voit le résultat ! enfin surtout les gens qui vivent cette descente aux enfers !

Qui tire les ficelles dans cette sombre histoire ?

A quoi sert une agence de sécurité du médicament ? Le nouveau lévothyrox est passé à travers les mailles du filet ?

Qui a le pouvoir de rétablir la situation ? ministre de la santé ?

Qui va nous sauver ? Qui va nous sortir de ce piège dans lequel nous sommes tombés ?

Qui sont vraiment les "hystériques" dans ce déluge ? Certainement pas les malades !




Anonyme
- Jeudi 21 décembre 2017 à 07:20
On a été jeté en pâture !
On nous prend pour des débiles pour déguiser la vérité.

Et pendant ce temps-là que fait le ministère de la santé ? RIEN



christine
- Jeudi 21 décembre 2017 à 07:54
"Dès que j’ai appris l’existence de personnes qui étaient très mal avec la nouvelle formule du Levothyrox, j’ai très rapidement cherché à diversifier l’offre de façon à ce que chacun trouve le bon produit, en faisant notamment revenir l’ancienne formule."

Dites-moi dans ce cas, pourquoi je dois faire plus de 1000 kms pour m'approvisionner en Euthyrox à l'étranger ?
Avec mes petits moyens je me suis payé ce luxe pour survivre !


Jacqueline pra…
- Vendredi 22 décembre 2017 à 14:49
Mme Buzin vous n avez personne dans votre entourage effets secondaire nouveau levo vous avez bien de la chance!informez vous nous sommes bons mais bcp ne se manifestent pas !
Ghislain
- Vendredi 22 décembre 2017 à 21:45
Mme la ministre,
Lisez les réactions à tous les articles qui paraissent régulièrement et voyez qu'il y'a un réel problème que vous ne voulez pas voir...
Personnellement, je fais partie de la grande majorité silencieuse qui sort de plusieurs mois d'état "végétatif", j'achète Euthyrox à l'étranger et je ne prendrai plus jamais votre poison qu'il faudrait d'ailleurs faire analyser par un laboratoire indépendant
Falquet Annie
- Samedi 23 décembre 2017 à 01:16
Est-ce normal de ne pas avoir eu d'analyse précise de la nouvelle formule du Levothyrox ? De ne pas avoir eu connaissance de la traçabilité de la molécule et des excipients ?
L'ANSM française va-t-elle régner sur toute l'Europe ? De quel droit ?
Anonyme
- Samedi 23 décembre 2017 à 10:02


Paroles de la ministre de la santé résumées ci-dessous :

"le système d’information"
"défaut de communication"
"notre système"
"informer les patients"
"Il prévoit qu’on informe les médecins et les pharmaciens"
"un défaut du système"
" une mission sur l’information"
"éviter ces défauts"


La ministre utilise invariablement depuis des mois ces mots.
- Manque t-elle à ce point de vocabulaire ?


kikadi
- Samedi 23 décembre 2017 à 10:18
Et si "l'information" était la clef pour ouvrir la voie de la guérison ?

En l'état, je pense qu'une formule de qualité de lévothyroxine
serait plus bénéfique pour les intolérants à la nouvelle formule "miraculeuse".


Anonyme
- Samedi 23 décembre 2017 à 15:33
"La nouvelle est meilleure"

Madame la ministre,
- Seriez-vous en train de nous dire que vous l'avez testée personnellement ?

"L’Agence du médicament a demandé à Merck en 2015 de changer sa formule car elle était instable"
- le monde entier va pouvoir remercier l'agence française


"Le laboratoire s’est soumis à la pression des autorités françaises pour changer cette formule"
- ou les autorités françaises sous la pression du laboratoire ?

Quoiqu'il en soit vous affichez un intérêt particulier à défendre le laboratoire.
Que valent des milliers de malades


Anonyme
- Lundi 25 décembre 2017 à 14:35
"Pour la ministre, le système d’information autour des médicaments doit changer"

On peut se demander alors si les effets indésirables provoqués par les médicaments en général, ne sont pas tout simplement le fait d'un système d'information défaillant ?

L'agence pour la sécurité du médicament n'aurait donc pas lieu d'être puisqu'il s'agit à priori d'une simple histoire d'information ?
Pourquoi contrôler ou tester un médicament, voire autoriser ou pas une mise sur le marché si tout n'est question que de pure information ?

La composition d'un médicament se résumerait donc à une information.

Informons peu, informons bien.


Anonyme
- Lundi 25 décembre 2017 à 19:04
Madame Bazin répète inlassablement que la nouvelle formule est meilleure.

Cela nous donne une impression de déjà vu.
Le Vioxx de chez Merck, simple hasard ?, avait été présenté comme étant une innovation.

jacqueline
- Lundi 25 décembre 2017 à 20:50
Combien de personnes ont eu des effets graves avec l'ANCIENNE formule ?
C'est étrange je n'avais jamais entendu parler du lévothyrox . J'ai peut-être manqué un épisode ?
sos
- Dimanche 31 décembre 2017 à 14:11
31 décembre 2017.

La crise du lévothyrox n'est pas solutionnée.
Les malades, à cause de ce produit toxique, sont toujours malades.
Les plus chanceux survivent en s'approvisionnant en Espagne,
Italie, Allemagne, Belgique . . .
Voilà neuf mois que cette situation perdure dans l'indifférence
la plus totale.


paponnaud andre
- Samedi 13 janvier 2018 à 14:58
Madame Buzyn pour le Lévothyrox si vous ne saviez pas, il fallait demander a vos enfants, eux ils aurait pu vous conseiller, mais tout ce que vous avez fait, vous l`avait fait en connaissance de cause, volontairement en sachant que les conséquences vont être désastreuses, le tout en se justifiant avec des mensonges des plus grossiers, plus ils sont gros et mieux ils passent. Pour ce qui est du lait contamine qui empoisonne des nouveaux nés innocents en Europe, combien de morts faut t`il, que retiendra t`on de votre passage dans les livres d`histoire de France. Et votre amour propre, la fierté du travail bien fait, cela me fait beaucoup de peine.

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