Légion d’honneur, mémorial, discours… L’hommage de la République aux victimes de Nice

Emmanuel Macron, hommage aux victimes de l'attentat de Nice
Emmanuel Macron, hommage aux victimes de l'attentat de Nice

Un an après l’attentat de Nice qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016, une grande cérémonie d’hommage a été rendue ce vendredi dans la cité azuréenne.

Si le 14 juillet résonne dans les têtes de tous les Français en tant que jour férié et fête nationale, synonyme notamment de feux d’artifices, les habitants de Nice auront désormais d’autres émotions en tête, alors que la ville commémore ce vendredi le premier anniversaire de l’attentat au camion-bélier qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais il y a tout juste un an. Une date cochée depuis longtemps par la République française, qui a organisé une cérémonie d’hommage dans une ville encore meurtrie.

Une tribune, trois présidents de la République

Ainsi, quelques heures à peine après le défilé militaire à Paris en présence notamment du président américain Donald Trump, Emmanuel Macron s’est rendu à Nice pour assister à cette cérémonie. Le chef de l’État n’était pas le seul familier avec l’Élysée dans son Falcon présidentiel puisqu’il y était accompagné de Nicolas Sarkozy et François Hollande, tous deux également conviés à cette cérémonie. À noter qu’en plus de certains membres du gouvernement présents non loin de lui, Emmanuel Macron était assis à côté du Prince Albert II de Monaco en tribune officielle.

Multiples hommages

Au cours de cette cérémonie, de nombreux hommages ont été rendus : minute de silence, lecture du nom de chacune des victimes, construction d’un mémorial contenant le nom des victimes… Plusieurs artistes dont Michèle Laroque, Line Renaud, Patrick Timsit ou Patrick Chesnais ont également lu un texte de l’écrivain niçois Jean-Marie Gustave Le Clézio (prix Nobel de littérature 2008) publié le lendemain de l’attentat.

Légion d’honneur pour "le héros au scooter"

Parmi les nombreux hommages rendus, à noter la remise de la Légion d’honneur à Franck Terrier, connu comme "le héros au scooter". Sous de nombreux applaudissements, ce dernier avait poursuivi le chauffeur du camion et avait fini par le rattraper et l’interpeller, juste avant qu’il ne soit abattu par la police. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur par Christian Estrosi, le maire de Nice.

Estrosi : "Nice a partagé avec la nation une page tragique"

Ce dernier a par ailleurs pris la parole non sans émotion. "C'était il y a un an. La France était frappé en plein cœur par la barbarie ici à Nice. Nice, notre ville. Nice, où il fait bon vivre. Nice, ville du bonheur. Et soudain, le malheur s'est abattu sur nous. Tous unis sous une même bannière, celle de la République pour fêter notre 14-Juillet. Et comme lieu symbolique la Promenade des Anglais. En ce jour de fête nationale, sur ce rivage créé pour le bonheur, Nice a partagé avec la nation une page tragique. 86 victimes. Des hommes, des femmes, des enfants ont été assassinés par un homme qui au nom d'une idéologie nie toute l'humanité. C'est ainsi que la Promenade des Anglais s'est tût dans un silence que personne ne pourra jamais oublier", a-t-il déclaré devant la tribune. 

Macron "comprend la colère" qui a suivi l’attentat

Enfin, Emmanuel Macron s’est lui aussi exprimé. Outre les traditionnels hommages aux forces de l’ordre, aux personnels soignants et bien sûr aux victimes et à leurs familles, le chef de l’État a également brièvement abordé les polémiques soulevées dans les jours qui ont suivi l’attentat de l’an dernier, sur fond de critiques de l’action des pouvoirs publics. "Je ne tairai pas ici ce soir les reproches qui se sont fait jour après l’attaque. La colère de beaucoup s’est concentrée sur la puissance publique. J’ose vous le dire, comme chef de l’État : je comprends cette colère. Lorsque l’impensable se produit et déchire nos vies, on en cherche les causes et l’État, alors, doit regarder ses responsabilités en face. Et si la République était frappée de surdité quand ses filles et ses fils lui crient leur douleur et leur indignation, elle ne serait pas la République", a-t-il ainsi déclaré.

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