Un système censé simplifier les démarches… qui se transforme en véritable faille pour l’État. Dans un rapport très sévère, la Cour des comptes dénonce l’échec de la privatisation du système d’immatriculation des véhicules, mise en place en 2017. C'est l'une des perles du jour de Périco Légsse et Albin Texeira.
Albin Texeira :"En ouvrant l’accès au fichier des immatriculations à des acteurs privés, l’État pensait simplifier les démarches. Sauf que des milliers de personnes, parfois sans aucun lien avec l’automobile, ont obtenu des habilitations pour y accéder. Résultat : certaines en ont profité pour frauder massivement. Des voitures de luxe déclarées comme véhicules pour personnes handicapées pour éviter les taxes, des voitures volées réimmatriculées discrètement, ou encore des véhicules accidentés remis en circulation. Un cas frappe particulièrement : un seul professionnel aurait réalisé près de 265 000 opérations frauduleuses en trois ans, via des garages fictifs. Mais le problème ne s’arrête pas aux finances publiques. Selon la Cour des comptes, ces dérives posent aussi un vrai risque pour la sécurité : voitures dangereuses sur les routes, anonymat facilitant les infractions… Et même pire : ces véhicules devenus intraçables auraient été utilisés dans des affaires de délinquance, voire de crime organisé"
"Si l'État n'a pas les moyens, il trouve l'argent, mais il ne confie pas ça à des gens qui ne sont pas fiables"
Périco Légasse :"C'est curieux parce que c'est Monsieur Darmanin qui a été à l'initiative de cette privatisation, à l'initiative d'un procédé qui est public. Les cartes grises, le système d'immatriculation des véhicules, c'est important. On sait aujourd'hui d'ailleurs que la fraude et la délinquance appuient beaucoup sur l'automobile, donc raison de plus pour être extrêmement vigilant et sévère. Et là on s'étonne qu'il y ait une délégation sur des sociétés privées avec porte ouverte à toutes les dérives possibles. Je me souviens que Monsieur Darmanin avait aussi privatisé la distribution des professions de foi électorales aux élections municipales de 2020. Il ne faut pas privatiser des missions régaliennes. Et si l'État n'a pas les moyens, il trouve l'argent, mais il ne confie pas ça à des gens qui ne sont pas fiables"
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