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Ces péages automatiques qui font exploser la facture des automobilistes

GROS PLAN SUD RADIO - Plus de barrières ni de files d’attente sur l’autoroute A13 : les automobilistes doivent désormais régler leur péage dans les 72 heures après leur passage. Un système présenté comme plus fluide, mais vivement critiqué en raison des pénalités infligées en cas de retard. Au micro de Jacques Cardoze, l’avocat Christophe Lèguevaques dénonce un dispositif "injuste" et "disproportionné".

prix péage autoroute
Le péage en flux libre est désormais en place sur l’autoroute A13, avec un paiement à effectuer dans les 72 heures suivant le passage. Photo : Pexels

Sur les autoroutes A13 et A14, qui relient notamment Paris à la Normandie, les traditionnelles barrières de péage ont disparu au profit du péage en flux libre. Les automobilistes poursuivent leur trajet sans s’arrêter tandis que des portiques installés au-dessus de la chaussée identifient automatiquement leur véhicule.

Des caméras lisent les plaques d’immatriculation et des capteurs déterminent la catégorie du véhicule selon son gabarit ou son nombre d’essieux : 96 % des plaques seraient correctement identifiées. Un trajet Paris-Deauville coûte alors environ 13 € et un Paris-Caen autour de 19 €.

Mais l’absence de barrière ne signifie pas que le trajet est gratuit. L’automobiliste dispose de 72 heures pour régler son passage. En cas d’oubli ou de retard, la facture peut rapidement grimper.

Jusqu’à 375 € en cas de retard

C’est précisément ce système que dénonce Maître Christophe Lèguevaques, avocat spécialiste des questions liées aux autoroutes. Plusieurs usagers de l’A13 l’ont déjà contacté, même si aucune procédure spécifique à cette autoroute n’a encore été engagée. "C’est un système qui est injuste, disproportionné et qui a été fait essentiellement pour favoriser le recouvrement de la société d’autoroute", dénonce-t-il au micro de Jacques Cardoze sur Sud Radio.

L’avocat cite notamment le cas d’automobilistes ayant effectué un trajet à seulement 2,50 € et ayant dû payer 75 € de pénalités. "Les oublis vous coûtent plus cher que le trajet", résume-t-il.

25 millions d’euros rapportés par les indemnités de retard

Les difficultés peuvent notamment concerner les conducteurs dont l’adresse indiquée sur le certificat d’immatriculation n’est plus à jour et qui ne reçoivent donc pas les avis les concernant. Les majorations peuvent alors s’accumuler sans qu’ils en aient immédiatement connaissance. Selon Le Canard enchaîné, les indemnités de retard versées par les usagers auraient rapporté quelque 25 millions d’euros l’an dernier.

Le dispositif pose aussi la question de son accessibilité pour les personnes peu à l’aise avec le numérique. "On parie sur le fait qu’il y a une mauvaise compréhension du système", estime Christophe Lèguevaques. Pour l’avocat, derrière la simplicité affichée du "flux libre", le dispositif a surtout été "construit pour améliorer la rentabilité".

Le délai de paiement bientôt porté à un mois ?

Face à l’accumulation des réclamations concernant le péage en flux libre, les parlementaires doivent à leur tour se saisir du sujet. Un amendement doit être examiné à la rentrée afin de porter le délai de paiement à un mois, contre seulement 72 heures actuellement.

Autre danger pour les automobilistes : les arnaques liées au péage en flux libre. Depuis la mise en place du dispositif, de faux SMS usurpant l’identité de la Sanef circulent et réclament le règlement urgent d’un péage prétendument impayé. Les messages contiennent généralement un lien invitant l’usager à payer rapidement pour éviter une majoration.

La Sanef rappelle pourtant qu’elle ne réclame jamais le paiement d’un péage par SMS. En cas de message suspect, il est donc recommandé de ne pas cliquer sur le lien et de vérifier directement sa situation sur les canaux officiels de l’opérateur.


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