C’est la rentrée pour 11,5 millions d’enfants en France. Alors que l'on parle d'interdire les smartphones à l'école, l’illettrisme fait-il des ravages en France ? En France, il concerne 4 % de la population âgée de 18 à 64 ans ayant été scolarisée en France, soit environ 1,4 million de personnes... Une enseignante lance l'alerte.
"L'immigration n'explique pas tout"
"Hélas oui, confirme Madeleine de Jessey, professeur de lettres, auteur de L’école des illettrés : réapprendre à lire et à écrire (Albin Michel) au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. C’est confirmé par les enquêtes nationales et internationales. En matière de lecture et de compréhension de la lecture, la France est 14 points en dessous des pays de l’OCDE." Cela concerne-t-il tous les milieux sociaux ? "C’est ce que j’ai pu constater. Les milieux défavorisés sont les premières victimes de cet effondrement linguistique. Mais j’observe dans la filière sélective où j’enseigne, en classe préparatoire, que les étudiants présentent des lacunes en grammaire, en syntaxe, en vocabulaire et en culture littéraire. Ce devrait être impensable vu leur profil de bon élève. Donc personne n’est à l’abri."
"Les milieux défavorisés sont les premières victimes de cet effondrement linguistique"
Dans son livre, Madeleine de Jessey raconte avoir été heureuse quand elle croisait une phrase sans faute, ou quatre lignes sans phrase mal construite. Comment en est-on arrivé là ? "Dans ce livre, j’essaie de partir à la recherche des causes. Comment, au bout de 15 ans sur les bancs de l’école, nos élèves et nos étudiants peuvent-ils être si faibles ?" Est-ce lié à des difficultés avec la langue française ? "L’immigration n’explique pas tout. Bien sûr, dans les classes où une majorité d’élèves parle très peu ou pas du tout français à la maison, il y a un défi supplémentaire pour l’instituteur."
🎒 Illettrisme en France : « Personne n’est à l’abri »
🗣️ Madeleine de Jessey, professeure de lettres : « Quand je voyais une phrase sans fautes, j’étais heureuse »
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— Sud Radio (@SudRadio) September 1, 2026
"Nos enseignants ne sont pas formés aux méthodes qui marchent"
"Moi, en classe préparatoire, je n’ai pas ce profil d’élèves, et pourtant je ressens cet affaiblissement linguistique, souligne Madeleine de Jessey, professeur de lettres, auteur de L’école des illettrés : réapprendre à lire et à écrire sur l’antenne de Sud Radio. Le problème est donc plus large que cela. Il n’y a pas de fatalité, le vrai problème est que nos enseignants ne sont pas formés aux méthodes qui marchent." La méthode globale fait-elle des ravages ? "C'est la méthode mixte a longtemps été la plus utilisée en France. Or on sait qu’elle donne de mauvais réflexes de lectures aux élèves, très difficiles à corriger ensuite."
"Connaître 2500 mots en primaire"
Le ministre de l’Éducation parle de devoir connaître 2500 mots en primaire. "On sait que le nombre de mots connu par l’enfant en primaire aura une grande influence sur son entrée réussie dans la lecture. C’est une bonne mesure, mais j’aimerais que l’on insiste davantage sur le rôle des parents. Ils doivent être là pour stimuler leur enfant. C’est l’éternel angle mort des politiques éducatives. Je rêverais que des parents cessent d’acheter un smartphone à leur collégien. Cela saborde leur capacité de concentration et d’attention profonde à l’école. Et la frustration verbale peut déboucher sur la tentation de la violence : se battre sauf d’avoir su débattre !"
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