C'est un chiffre qui résume à lui seul l'état d'esprit du pays en ce jour de rentrée : seuls 18 % des Français se déclarent optimistes en pensant à l'avenir, pour eux-mêmes et pour leurs enfants, contre 82 % qui se disent pessimistes. Un an plus tôt, à la même période, ils étaient encore 31 % à afficher cet optimisme. La chute s'est confirmée mois après mois : 26 % en janvier, 18 % aujourd'hui. Signe de la gravité du climat ambiant, plus d'un quart des sondés (27 %) se disent même « très pessimistes », un niveau qui n'avait plus été atteint depuis plusieurs années.
Les retraités et les sympathisants RN plus sombres que la moyenne
Ce moral en berne touche toutes les catégories de la population, mais avec une intensité très inégale. Les jeunes de moins de 35 ans résistent mieux : 29 % d'entre eux restent optimistes, contre seulement 9 % chez les retraités et les plus de 65 ans, catégories les plus assombries par la conjoncture. Le clivage politique est tout aussi marqué : les sympathisants de la majorité présidentielle affichent le moral le plus haut (28 % d'optimistes, jusqu'à 43 % chez les proches de Renaissance), tandis que l'électorat du Rassemblement national et de Reconquête! se montre le plus pessimiste, avec seulement 9 % d'optimistes et 91 % de pessimistes, dont 42 % de « très pessimistes ».
La santé, l'inflation et l'école en tête des urgences
Interrogés sur les priorités des prochains mois, les Français placent sans surprise la santé tout en haut de la liste : 86 % la jugent prioritaire, un niveau qui n'a cessé de grimper depuis 2017, où elle ne recueillait « que » 60 % de citations. Juste derrière arrive la hausse des prix et l'inflation (78 %), suivie de l'éducation, citée comme prioritaire par 75 % des sondés — une préoccupation elle aussi en nette progression depuis 2017 (57 %).
Le pouvoir d'achat et les salaires complètent le podium des urgences économiques et sociales (70 %), juste devant la sécurité du quotidien : la lutte contre la délinquance (69 %) et contre le terrorisme (64 %) restent des priorités fortes, tout comme la lutte contre le narcotrafic, qui apparaît pour la première fois dans le baromètre et s'installe d'emblée à un niveau élevé (63 %).
Des priorités qui dessinent une France coupée en deux
Au-delà des grandes tendances, l'enquête révèle des lignes de fracture nettes selon les sensibilités politiques. La protection de l'environnement est jugée prioritaire par 79 % des sympathisants de gauche, contre seulement 40 % à droite. À l'inverse, la lutte contre l'immigration clandestine rassemble 84 % des proches du Rassemblement national et 72 % de ceux des Républicains, contre à peine 26 % à gauche. Sur la réduction de la dette publique, l'écart est tout aussi frappant : 82 % de priorité chez les sympathisants Les Républicains, contre 36 % à gauche.
Enfin, deux sujets ferment la marche des préoccupations des Français : la guerre en Ukraine (31 % de « prioritaire », mais 65 % chez les proches du pouvoir) et l'Europe, citée comme prioritaire par seulement 23 % des sondés dans l'ensemble — signe que ces enjeux, pourtant très présents dans l'actualité internationale, restent largement éclipsés par les préoccupations du quotidien.
Enquête Ifop-Fiducial pour Sud Radio réalisée en ligne les 25 et 26 août 2026 auprès d'un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.