Aveyron : Quel avenir pour la fonderie SAM, lâchée par Renault ?

Pourquoi Renault ne soutient-il pas le projet de reprise de son sous-traitant, la fonderie SAM (Aveyron) ?

Renault SAM Aveyron
Renault ne soutient pas le projet de reprise de la fonderie SAM. (© Loic Venance / AFP)

C’est la douche froide : Renault, gros client de la fonderie SAM, dans l’Aveyron, laisse tomber son sous-traitant et ne soutient pas le projet du repreneur. 340 emplois sont menacés. À qui en vouloir ?

Fonderie SAM en péril : On en veut à Renault

"On en veut à Renault, qui par sa décision a droit de vie ou de mort sur tout un territoire et des salariés, estime David Gistau, élu de la SAM au bureau confédéral de la CGT de Viviez (Aveyron). Le mot n’est pas trop fort. Nous avons un industriel français qui propose de racheter une PME française, qui travaille déjà sur des véhicules hybrides et électriques. C’est soutenu par l’État et la région, et Renault fait le choix de ne pas accompagner ce projet."

"C’est assez inédit, poursuit-il, dans un contexte où l’on n’aura jamais autant parlé de relocalisation et de réindustrialisation. On considère que la meilleure façon de relocaliser est d’empêcher que les pièces produites chez nous le soient maintenant en Turquie, en Roumanie ou en Espagne. C‘est ce qui va arriver."

Fonderie SAM en péril : Garder la possibilité de travailler au pays

Produire en France serait-il trop cher ? "Nous fabriquons ici une pièce pour Renault ensuite rapatriée à Valladolid en Espagne, décrypte David Gistau. Renault fait le choix de l’envoyer en Roumanie pour la renvoyer en Espagne ! Mais c'est une pièce que nous fabriquions en consommant 500 grammes de matière en moins, avec des centres d’usinage deux fois plus rapides qu’en Roumanie. Contrairement aux constructeurs allemands, qui ont l’obligation de faire vivre leurs sous-traitants locaux, la stratégie de Renault est de délocaliser à outrance."

Quel espoir reste-t-il ? "Il y avait un engagement de Renault signé au mois de mai, rappelle David Gistau, élu de la SAM au bureau confédéral de la CGT de Viviez. S’il n’y avait pas de repreneur, elle s’engageait à accompagner la SAM jusqu’au mois de mars. Nous demandons au tribunal de commerce de Toulouse, à Renault et à l’État de respecter ces engagements, de manière à trouver un repreneur. Notre lutte c’est tout simplement garder la possibilité de travailler au pays."

David Gistau, élu de la SAM au bureau confédéral de la CGT de Viviez (Aveyron), était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 25 novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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