Pierre-Yves Bournazel s’en prend "au durcissement idéologique" de la droite

Pierre-Yves Bournazel, député de Paris, a mis en cause lundi la ligne de son parti. Membre du groupe Les Constructifs à l’Assemblée nationale, il a également défendu son soutien aux réformes du gouvernement.

Invité de Territoires d’infos sur Sud Radio et Public Sénat, Pierre-Yves Bournazel s’est attaqué au "durcissement idéologique" de la droite et des Républicains. "En 2002, la droite avait 350 députés. En 2007, avec l’élection de Nicolas Sarkozy, 250. En 2012 après la défaite, 200. Aujourd’hui c’est 100 députés Républicains, a rappelé le député de Paris, membre du groupe Les Constructifs à l’Assemblée. Est-ce qu’on va, un jour ou l’autre, se poser la question du durcissement idéologique de la droite ?". Selon Pierre-Yves Bournazel, la droite a aujourd’hui "tendance à être une droite identitaire", sous l’impulsion notamment de Laurent Wauquiez. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est d'ailleurs bien placé pour prendre la tête du parti dans les prochains mois alors que Valérie Pécresse a annoncé dimanche qu’elle ne briguera pas ce poste.

Prêt à monter une nouvelle force politique

Le député de Paris s’est plus largement interrogé sur l’avenir de son parti et d’une éventuelle explosion alors que "l’équilibre n’est plus là entre les gaullistes, la sensibilité humaniste, les démocrates-sociaux et les libéraux". "Si je pense que mes idées et mes convictions ne peuvent pas s’exprimer au sein des Républicains, j’en tirerai les leçons et il faudra monter une force politique nouvelle, avec toutes celles et tous ceux qui ont des idées européennes libérales et humanistes, qui sont dans les Républicains, l’UDI, le Modem, le centre", a déclaré Pierre-Yves Bournazel. 

Néanmoins, pour le moment, le député a tenu à défendre le rassemblement au sein de son parti. Il voit pourtant dans les procédures d’exclusion à l’encontre de certains membres du parti, notamment Édouard Philippe, Thierry Solère ou Gérald Darmanin, une véritable fracture. "Il faut qu’on accepte la pluralité des idées. Si on considère que certains ont de mauvaises idées, qu’ils ne sont pas dans ligne et qu’il faut les exclure, c’est la preuve que les Républicains ne sont plus dans la capacité de rassembler", a-t-il affirmé mettant en cause la légitimité du bureau politique qui doit se rassembler lundi.

En faveur de la réforme du code du travail

Si malgré tout Pierre-Yves Bournazel souhaite rester chez Les Républicains, il n’est jamais loin de se mettre en marche. Il s’est ainsi appliqué lundi matin dans Territoires d’infos à défendre le travail du gouvernement. Sur la question du code du travail, il s’est déjà déclaré en faveur de la réforme, souhaitant même que Les Constructifs participent "à la rédaction des ordonnances" au même titre que les partenaires sociaux. Face aux reports de mesures budgétaires et l’annonces des baisses de dépenses publiques, le député a, là aussi, joué le service après-vente : "Le cap est clair : on fait des efforts pour baisser la dépense publique parce qu’on veut baisser les impôts et les taxes. On annonce tout le temps 'c’est l’augmentation de la CSG'. On ne dit pas à côté qu’il va y avoir une baisse des cotisations salariales. Les 20 millions d’actifs vont être gagnant, on va mieux rémunérer le travail"

Interrogé également sur la question des migrants, notamment à Paris, Pierre-Yves Bournazel s’est prononcé en faveur de l’installation de "centres humanitaires dans les grandes métropoles sur la route des migrations afin qu’il y ait un effort partagé". Néanmoins, à l’inverse d’Anne Hidalgo qui a proposé vendredi plusieurs pistes pour une loi, la solution n’est pas forcément législative, selon le député de Paris. "L’harmonisation du droit européen, le raccourcissement des délais d’obtention du droit d’asile à six mois, tout ça peut se faire en dehors de la loi", a-t-il déclaré.  

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