Marion Maréchal : "Le vote utile ne peut pas être brandi par le RN"

Marion Maréchal, directrice de l'ISSEP et soutien d'Éric Zemmour, était l'invitée du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio. Pour elle, "le vote utile ne peut pas être brandi par le RN, donné perdant dans toutes les configurations".

Marion Maréchal
Marion Maréchal, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 29 mars, dans "le petit déjeuner politique".

Meeting d'Éric Zemmour, derniers jours de la campagne présidentielle, clivages avec Marine Le Pen : Marion Maréchal a répondu aux questions de Patrick Roger.

Marion Maréchal : "Il y a un traitement médiatique déplorable du meeting d'Éric Zemmour"

Après le "Macron assassin" scandé par une partie de la foule lors du meeting d'Éric Zemmour au Trocadéro, Emmanuel Macron a dénoncé "l'indignité" d'un "candidat malentendant". Ce à quoi Éric Zemmour a répondu que cette expression était "très révélatrice de son mépris de la souffrance des Français, de son mépris des victimes, (...) des gens dont les enfants se font tuer parce que la politique migratoire n'est pas assez ferme". Pour Marion Maréchal, "il y a un traitement médiatique déplorable sur un fait politique majeur qui est le plus grand meeting de la campagne. Près de 100.000 personnes réunies, rappelle-t-elle, un discours très dense d'Éric Zemmour sur sa vision de la France. Et au lieu d'une analyse sur ce succès, on a une pseudo-polémique montée artificiellement parce qu'une partie de la foule a scandé 10 secondes ce slogan dont tout le monde admet qu'il est critiquable".

"Éric Zemmour explique ne pas l'avoir entendu, on peut lui accorder cela ! Les retours de foule ne sont pas si simples, confirme Marion Maréchal. "Éric Zemmour n'a pas lancé cette phrase, il a simplement rappelé la responsabilité de l'État et du gouvernement dans cet ensauvagement de la société, auquel la politique pénale de répond plus. Ce serait bien que les journalistes analysent cette colère de la population, leur profonde indignation. On était face à une foule pacifique, il n'y a eu aucun débordement !" "Depuis quelques semaines, on assiste à une multiplication d'agressions verbales et physiques graves - au couteau, à la matraque - de militants de Reconquête! et du RN. Je n'ai pas vu cette indignation. On a cette impression d'une forme de volonté d'occulter le succès de dimanche".

"Le vote utile ne peut pas être brandi par le RN, donné perdant dans toutes les configurations"

Pour Marion Maréchal, "ça ne remet pas en cause la capacité de rassemblement d'Éric Zemmour, ni le fait que des Français qui souhaitent voter pour lui, la moitié vient des RN et/ou des Républicains". "Il a aujourd'hui indéniablement fragilisé le cordon sanitaire. Des élus LR du premier plan, comme Éric Ciotti et François-Xavier Bellamy, ont dit qu'en cas de second tour ils appelleraient à voter Éric Zemmour s'il était face à Emmanuel Macron". "Il existe des marges de progression électorale non mesurées aujourd'hui. À l'inverse de ce qu'il pourrait advenir en cas de deuxième tour Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Le scénario aurait, selon elle, probablement la même issue que la dernière fois".

Si Éric Zemmour était qualifié pour le second tour, "il rallierait non seulement une grande partie de l'électorat du RN mais aussi une partie non négligeable de l'électorat LR. Ce qui serait plus compliqué pour Marine Le Pen, pour l'avoir déjà éprouvé. Le vote utile aujourd'hui ne peut pas être brandi par le RN car ils sont donnés perdants dans toutes les configurations. L'enjeu est de se demander où l'on peut avoir un outil de recomposition. Pour elle, les fondations posées pendant cette campagne semblent en dynamique côté Éric Zemmour et pas ailleurs. Le Trocadero en est l'une des démonstrations". Concernant les sondages, "qu'ils soient bons ou mauvais, il faut les prendre avec beaucoup de précaution", estime Marion Maréchal.

 

 

 

 

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"